Le lait au chocolat fera son retour dans les écoles

Le gouvernement Higgs est passé à l’acte. Il a décidé de réviser certains aspects de la Politique 711, qui concerne la nutrition et l’alimentation dans les écoles publiques.

Selon la mise à jour de la politique, qui a été annoncée mercredi, le lait aromatisé, y compris le lait au chocolat et le jus de fruit pur à 100% pourront de nouveau être vendus dans les écoles.

«Nous avons discuté avec des Néo-Brunswickois qui ont exprimé des préoccupations concernant les restrictions qui figuraient dans la version précédente de la politique en matière de nutrition. Les changements apportés à la politique offriront une certaine souplesse aux communautés scolaires locales, ce qui leur permettra de prendre des décisions éclairées concernant la santé et le bien-être de leurs élèves», dit Dominic Cardy, ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance.

En juin, l’ancien gouvernement libéral de Brian Gallant avait annoncé sa propre mise à jour de la politique 711. La dernière révision remontait à 2008. L’interdiction du lait aromatisé, de l’eau aromatisée ou vitaminée et le jus de fruit figuraient parmi les points saillants des modifications apportées.

Certains estimaient que les libéraux sont allés trop loin, dont le chef du Parti progressiste-conservateur et nouveau premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs.

Dans sa plateforme politique, les progressistes-conservateurs proposaient d’abandonner «la politique 711 des libéraux sur la nutrition dans les écoles, pour permettre la prise de décisions locale et les collectes de fonds communautaires. Nous donnerons aux écoles la liberté de passer des contrats locaux pour des repas nutritifs équilibrés plutôt que de simplement bannir des aliments.»

La politique 711 a pour objectif de favoriser l’accès à des aliments sains en milieu scolaire.

«Mieux contrôler l’environnement alimentaire»

Claire Johnson, diététiste et professeure en Gestion des services de santé à l’Université de Moncton, était en faveur des modifications proposées initialement par le gouvernement Gallant.

«Avec l’épidémie d’obésité qu’on connaît de nos jours chez les adultes et les enfants, on a besoin de faire un effort pour mieux contrôler l’environnement alimentaire afin de le rendre plus sain. Une politique alimentaire, c’est justement ce que ça vise.»

Bien qu’elle était en faveur de la dernière version de la politique 711, Claire Johnson reconnaît qu’il peut être difficile d’élaborer une politique qui convient à tous.

«Lorsqu’on établit des politiques pour changer l’environnement alimentaire, il y a toujours des choses flagrantes dont tout le monde est d’accord qu’il faut éliminer, comme les barres de chocolat, les croustilles et les boissons gazeuses. Ensuite, il y a les aliments ‘marginaux’ qui sont bons et mauvais en même temps. Les jus et laits aromatisés sont un exemple parfait de ça. Ils peuvent être bons pour la santé, mais ils contiennent beaucoup de sucre.»

Si le fait d’accorder plus de souplesse aux districts scolaires en matière d’alimentation présente des risques, la réintroduction du lait au chocolat et des jus de fruits dans les écoles ne constitue pas nécessairement une «catastrophe», évalue la diététiste.

«Les enfants doivent manger assez de fruits et de légumes ainsi que des produits laitiers. On peut dire que les jus et laits aromatisés atteignent ces objectifs-là, dans le sens qu’ils se trouvent dans le Guide alimentaire canadien, même si ce n’est pas la meilleure façon de le faire. On préfère qu’ils boivent du lait blanc et mangent de vrais fruits et légumes. L’un des défis est que les jeunes et adultes ont tendance à prendre de trop grandes portions et trop de sucre. C’est là où le jus et le lait aromatisé posent des problèmes.»