«Imaginez un monde sans violence»

Dans un silence éloquent, ils étaient des dizaines, rassemblés jeudi à Riverview pour dire non aux violences faites aux femmes.

Le Conseil de travail de Moncton organisait une vigile à la chandelle afin de commémorer la tragédie du 6 décembre.

Rappelons que le 6 décembre 1989, Marc Lépine a abattu 14 femmes à l’école Polytechnique et a blessé 14 autres personnes en moins de vingt minutes, avant de s’enlever la vie.

«Le massacre de Montréal a été et continue d’être un dur rappel que la violence contre les femmes est encore une réalité tragique. La violence sexuelle, la violence conjugale, la haine fondée sur le sexe, le harcèlement sexuel et l’agression sont encore systémiques dans notre société», ont souligné les organisatrices de la marche.

«29 ans après, nous demandons à tous de faire votre part pour une société sans violence.»

Au fond de la salle, sept silhouettes, une écharpe violette autour du cou, symbolisent les victimes de violence.

Après quelques prises de paroles, les participants ont gardé le silence pendant une minute en hommage aux victimes d’ici et d’ailleurs. La foule s’est ensuite déplacée jusqu’au parc Caseley, devant le monument dédié aux victimes de la tuerie de Polytechnique.

«Imaginez un monde sans violence dans lequel les femmes sont libres et respectées», peut-on lire sur le marbre.

Une à une, 23 fleurs ont été déposées devant le monument. 23 fleurs pour 23 noms de femmes tuées dans la région au cours des trente dernières années.

On y retrouve Monique, 26 ans, assassinée à Moncton par son conjoint d’une balle dans la tête en juin 1990 – Marcia LeBlanc, 14 ans, portée disparue à Notre-Dame-de-Kent depuis le 14 novembre 1993 ou encore Monique Breau, de Moncton, abattue le 19 décembre 2005 par son ex-conjoint avec qui elle n’avait pas communiqué depuis les neuf derniers mois.

Preuve que la violence conjugale et familiale est bel et bien toujours présente, la clientèle des refuges d’urgence de la région se maintient d’année en année.

Au mois de septembre, l’organisme Carrefour pour femmes de Moncton a accueilli 250 femmes tentant d’échapper à la violence conjugale. À Shediac, le Centre des ressources a répondu aux appels à l’aide de 738 personnes en 2018.