Le centre financier de la Banque TD à Dieppe: un projet de 50 millions $

Plus d’un demi-million de pieds de câble internet, 865 postes de travail et 44 salles de réunion. Les travailleurs mettent les dernières touches au nouveau centre financier de la Banque TD à Dieppe – un projet de 50 millions $ – pour qu’il puisse recevoir ses premiers employés en janvier.

D’ici 2020, TD comptera sur une main-d’oeuvre de plus 1000 employés à Dieppe. Le processus d’embauche a déjà commencé et au moins 70 personnes entameront leur carrière dès janvier, dans le nouveau centre d’appel de l’entreprise financière situé dans les locaux de l’ancien Sears à la Place Champlain.

Debbie LeBlanc travaille pour TD depuis quelques années. Sa carrière l’a amené en Ontario et au Manitoba. Elle est vice-présidente associée aux affaires bancaires canadiennes et pour le centre de service de Dieppe. Aujourd’hui, elle est de retour dans son coin de pays pour embaucher près de 475 personnes au cours des prochaines années.

«Nous avons des positions de gestionnaires en plus des employés de premières lignes. Ce sont donc de bonnes occasions de carrière. Les gens peuvent commencer dans le centre d’appel et faire leur chemin vers d’autres postes dans l’organisation, que ce soit les finances ou la vente au détail», a-t-elle indiqué à l’Acadie Nouvelle, tout en affirmant que le processus d’embauche va très bien.

Aux 70 qui commenceront leur carrière dans ce centre d’appels de la banque dès janvier, 275 employés s’ajouteront en octobre et une centaine d’autres d’ici 2020.
En plus du centre de service à la clientèle, l’immeuble de la rue Champlain abritera également le département des finances de la banque.

Les gens qui y travailleront seront hautement qualifiés et le salaire moyen y sera de 65 000$ par année. En janvier, 80 personnes commenceront à y travailler.

Dale McErlean, vice-présidente aux opérations financières pour la Banque TD, dirigera ce nouveau centre des finances. Originaire de l’Ontario, elle a déménagé dans la région pour y poursuivre sa carrière.

«Nous ne sommes pas un centre d’appels. Il y a une mauvaise compréhension à ce niveau. Nous produirons toute la comptabilité générale, les états financiers en plus des rapports financiers pour la banque, et ce, autant pour le Canada que pour les États-Unis», a expliqué Mme McErlean.

Les gens embauchés au centre des finances, situé dans le même immeuble que le centre d’appels, proviendront de partout au Canada et l’intérêt se fait même sentir à l’international.

«Nous sommes enthousiasmés par rapport à l’intérêt que nous avons ici et partout dans les Maritimes ainsi qu’ailleurs au Canada. Nous avons reçu plusieurs applications. Nous les analysons. Nous embauchons aussi beaucoup de gens de l’extérieur de la province», a avancé Mme McErlean.

À la fin 2019, un peu plus de 200 personnes travailleront dans ce centre des finances et 440 y occuperont un poste d’ici 2020.

Un impact minime

Environ 35 000 automobilistes circulent sur la rue Champlain chaque jour, c’est-à-dire que 1000 personnes de plus emprunteront l’artère pour se rendre au travail et ça pourrait avoir une répercussion sur le trafic.

L’impact sera minime, assure la Ville de Dieppe. La Place Champlain est un terminus majeur pour le service de transport en commun de la région et l’endroit est accessible par le réseau de sentiers et de trottoirs.

«Pour ce qui est de l’automobile, on ne prévoit pas plus d’achalandage que lorsqu’il y avait un magasin (Sears). De plus, il existe plusieurs points d’entrée et de sortie sur la rue Champlain ainsi que sur les rues avoisinantes, dont trois sont gérés à l’aide de feux de circulation», a expliqué Julie Albert, agente de communication à la Ville de Dieppe.

Il n’y aura pas non plus 1000 personnes qui iront au travail à 9h le matin, car il y aura différents quarts de travail. Certaines personnes pourront travailler de la maison.

Le gouvernement provincial contribue financièrement au projet de la Banque TD à Dieppe en accordant à l’entreprise un prêt-subvention de 15,6 millions $.

Cet investissement devrait cependant faire croître le produit intérieur brut de la province de 569 millions $ sur 10 ans.

À la fine pointe de la technologie et ultra-sécuritaire

Transformer une ancienne grande surface de vente au détail en aire de travail à la fine pointe de la technologie n’est pas une mince affaire, et ce, surtout quand il faut le faire en un temps record.

«Dans notre mode d’opération habituelle, on aurait fait ce projet en 18 mois, du design jusqu’au moment où on leur donne les clés. D’une façon quelqueconque, ce projet sera complété en 11 mois», a expliqué Jeff Hopkins, gestionnaire du projet pour EllisDon, l’entreprise de construction.

Tout près de la rivière Petitcodiac, il était impossible d’ajouter un deuxième étage ou encore de détruire la fondation de ciment. La grande majorité de la tuyauterie devait pas conséquent passer par le plafond, tandis que le toit a dû être refait et solidifié pour accommoder tout l’équipement spécialisé.

«On ne pouvait que faire un trou dans le ciment parce que de mauvaises choses peuvent se produire si on le faisait», a souligné M. Hopkins.

Il y avait tellement de choses à installer au plafond que tous les monte-personnes (manlift) disponibles à Moncton ont été utilisés pour ce projet. Un tuyau d’égout passe sous terre, mais il a dû être creusé à la main pour éviter d’endommager la fondation.

«Je veux que vous compreniez que des gens ont creusé en utilisant de petites pelles et des seaux», a lancé M. Hopkins.

Le centre d’affaires est également ultra sécuritaire. Certaines technologies ont dû être développées spécialement pour ce projet intégré à la Place Champlain.

Par ailleurs, 1000 employés de plus qui travailleront à ce centre commercial de Dieppe quotidiennement, c’est synonyme de bonnes affaires pour les commerçants.

«Mille emplois, c’est très bien pour la communauté. Ça veut aussi 1000 personnes de plus qui travaillent dans notre propriété et qui, en retour, magasineront dans nos 140 boutiques et restaurants. Cette synergie est très bien pour nous», a souligné Brian Mac Mullin, directeur général de la Place Champlain.

Le centre commercial ne compte pas faire de rénovations majeures au cours des prochaines années pour aligner son esthétique à celui de l’ultra moderne nouveau centre d’affaires.