Une saison de motoneige qui promet pour le N.-B.

La saison de la motoneige prendra son envol la semaine prochaine au Nouveau-Brunswick, les sentiers provinciaux ouvrant officiellement le 15 décembre. Qu’à cela ne tienne, cela n’empêche en rien les amateurs de grimper sur leurs engins pour une balade.

Président du Conseil canadien des organisations de la motoneige depuis quelques mois, le Restigouchois Brad Mann figure parmi ceux-ci.

M. Mann a déjà enfourché son engin à quelques reprises, en dépit du fait que les sentiers n’ont pas encore été damés, ce qui sera fait au courant de la semaine prochaine.

Il l’avoue, il était un peu inquiet pour cette saison. C’est que le manque de neige dans le sud de la province au cours des dernières années n’a pas aidé cette industrie. Certes, les amateurs pouvaient toujours monter dans le Nord où la neige était présente à profusion.

«Mais ce n’est pas pareil, il faut de la neige partout, car les gens ne veulent pas devoir voyager toute la fin de semaine. Et là, jusqu’à présent, on est choyé. Toute cette neige qui est tombée, c’est le meilleur scénario qui pouvait arriver. Ça va nous donner un bon coup de pouce», affirme-t-il.

Et les chiffres tendent à lui donner raison. Les abonnements de saison pour l’accès aux sentiers sont en hausse de 13% comparativement à pareille date l’an dernier pour l’ensemble de la province. La saison s’annonce donc très bonne.

Il y a toutefois une tonne de travail qui attend les clubs, car de nombreux sentiers sont impraticables en raison des arbres tombés au cours des dernières tempêtes.

Il faudra les enlever et aussi élaguer plusieurs arbres, car les branches pendent littéralement dans le sentier par endroit. La surfaceuse ne pourrait même pas passer», dit M. Mann.

Pour ce qui est des conditions d’enneigement par contre, aucun problème… surtout dans le nord. «C’est ce que j’appelle un hiver d’antan. Ça fait au moins une bonne quinzaine d’années que nous n’avons pas vu autant de neige aussi tôt. C’est très encourageant», indique-t-il.

De la grande visite

Comme l’an dernier, le nord du Nouveau-Brunswick recevra de la grande visite en février, soit les membres de la Great Northern Ride, ce groupe de quelque 125 motoneigistes ontariens qui passera une semaine dans la région avec Bathurst comme point de repère.

«Ils sont venus l’an dernier et ils ont tellement aimé qu’ils ont décidé de revenir dans notre coin. Ça fait 19 ans que ce groupe existe et sillonne le Canada, mais c’est la première fois qu’il reviendra comme ça dans la même région deux années de suite. On a de quoi être fier de notre système pistes et de notre accueil. Ça va définitivement aider énormément nos communautés», estime M. Mann.

Selon ses chiffres, le tourisme de la motoneige a contribué pour environ 36 millions $ à l’économie néo-brunswickoise, un montant qui devrait être dépassé cette année si les conditions météo demeurent telles quelles, croit le président du conseil canadien.

Terrain de jeu

De l’autre côté du pont interprovincial enjambant la Restigouche, on retrouve l’un des plus grands passionnés de motoneige du coin, le maire de Pointe-à-la-Croix, Pascal Bujold.

Comme au Restigouche, ils sont plusieurs dans cette partie de la Baie-des-Chaleurs à avoir enfourché leur motoneige en novembre.

«J’ai été faire quelques tours et j’ai croisé quelques adeptes. C’est certain qu’à ce moment-ci, on parle surtout de locaux et non de touristes», relate M. Bujold.

Comme plusieurs autres municipalités du Restigouche et de la Gaspésie, Pointe-à-la-Croix constitue un terrain de jeux pour les motoneigistes. Cette industrie est extrêmement importante pour la communauté.

Cette année, les attentes sont grandes.

«Le gros des touristes, on l’attend surtout durant la période des Fêtes et on croit qu’on aura droit à une belle saison. Avoir autant de neige si tôt dans l’hiver, c’est juste wow! C’est toute la région qui en profite, les restaurants, les hôtels, etc. C’est une industrie importante pour notre grande région et ce pourrait l’être encore davantage», s’exclame Pascal Bujold.

Contrairement au Nouveau-Brunswick, le réseau de sentiers a été damé sur le territoire gaspésien, du moins en partie. Il faut dire que comme ici, les vents du mois de novembre et la neige molle tombée par la suite font en sorte que de nombreux arbres encombrent toujours les pistes.

«On est chanceux, car nous avons énormément de neige très tôt et une bonne partie de nos pistes ont été surfacées. Mais il reste beaucoup de travail à faire et on compte donner un grand coup ce week-end. On va nettoyer le plus que l’on peut pour donner un véritable coup d’envoi à la saison», indique celui qui donne un coup de main à titre de bénévole.

Des répercussions positives

Au niveau des détaillants de motoneiges, on est également plus que ravi de l’arrivée précoce de la neige.

«Lorsqu’il neige tôt comme c’est le cas cette année, ça fait généralement une grosse différence au niveau de l’achalandage dans le magasin. Même chose pour les ventes, que ce soit pour les pièces, les vêtements ou les accessoires de motoneige», exprime Cyndie Lanteigne, propriétaire du concessionnaire Lanteigne Sports de Caraquet.

La motoneige étant un sport qui se pratique sur une courte période et qui est sensible aux aléas de la météo, plus il neige tôt, plus cela éveille les amateurs selon elle.

«Ça garantit en quelque sorte aux amateurs un hiver plus long, plus intéressant. Ils sont donc plus enclins à faire des achats que s’il neige uniquement en janvier», poursuit la femme d’affaires qui anticipe une très bonne saison.

Ce qui aide beaucoup également selon Mme Lanteigne, c’est le fait que la dernière saison de motoneige s’est étirée très tard au printemps.

«Quand ça fait quelques saisons comme ça où la neige est au rendez-vous, les motoneigistes sont au rendez-vous et sont enthousiastes. C’est bon pour nous, mais également pour tous les autres commerçants de la région qui comptent sur le tourisme hivernal», note Mme Lanteigne. –