Huawei: la Chine menace le Canada de «conséquences graves»

La Chine prévient le Canada qu’il y aura des «conséquences graves» si la patronne du géant chinois des télécommunications Huawei n’est pas libérée.

Le gouvernement chinois a convoqué samedi l’ambassadeur canadien à Pékin, John McCallum, pour protester contre l’arrestation de Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis.

Elle est détenue depuis le 1er décembre, à Vancouver, et Washington réclame son extradition. Les États-Unis la soupçonnent d’avoir contourné les sanctions américaines contre l’Iran.

La Chine qualifie cette arrestation de déraisonnable et inadmissible.

Mme Meng doit revenir en cour lundi pour la poursuite de son enquête sur remise en liberté.

Meng Wanzhou – AP/Huawei

Accusée par les États-Unis d’avoir violé les sanctions contre l’Iran

Les États-Unis accusent la patronne de Huawei de fraude et réclament son extradition du Canada pour la traduire en justice.

Lors de sa comparution de vendredi, la Couronne a dévoilé les allégations selon lesquelles Huawei aurait fait affaire avec l’Iran par le biais de la filiale Skycom, violant donc les sanctions contre la république islamique.

Portant un chandail et des pantalons en molleton vert, Mme Meng a serré la main de son avocat, David Martin, et a continué de lui sourire tandis qu’un shérif l’escortait devant la Cour suprême de Colombie-Britannique.

On reproche à Mme Meng d’avoir prétendu que Huawei et Skycom étaient deux entreprises distinctes et d’avoir menti à un dirigeant d’institution financière, ce qui aurait mis cette institution en danger.

«Skycom était Huawei. C’est la fraude présumée», a déclaré John Gibb-Carsley, représentant le procureur général du Canada. «Les employés de Skycom étaient des employés de Huawei.»

Aucune de ces allégations n’a été prouvée en cour.

La société a répondu qu’elle n’était au courant d’aucun acte répréhensible de la part de Mme Meng et son avocat, David Martin, a affirmé à la Cour suprême de Colombie-Britannique qu’aucune accusation n’a été déposée contre sa cliente, mais seulement un mandat.

Il a ajouté que l’une des lacunes criantes des allégations est que le résumé de l’affaire ne tient pas compte de la chronologie.

Selon Me Martin, lors de la rencontre entre Mme Meng et une banque, citée dans un article de l’agence Reuters, elle aurait expliqué que Skycom avait appartenu à Huawei durant un certain temps, mais que la filiale avait été revendue en 2009. L’avocat a dit à la cour que la présentation que sa cliente a faite à la banque était prétendument une preuve de fraude, mais que cette affirmation est «absurde».

Huawei a vendu Skycom avant que les sanctions ne soient adoptées par les États-Unis sous le président Barack Obama en 2010, a-t-il fait remarquer.

David Martin a également fait valoir que les grandes lignes fournies par le Canada ne présentent pas de preuve soutenant une accusation de fraude contre sa cliente ou l’entreprise qu’elle représente.

L’affaire a été ajournée jusqu’à lundi par le juge William Ehrcke afin d’accorder plus de temps à la défense pour compléter ses plaidoiries.

Le procureur Gibb-Carsley s’est opposé à la libération sous caution de Mme Meng.

Son avocat a cependant rappelé au juge que sa cliente est une personnalité importante et qu’elle ne violerait pas une ordonnance du tribunal si elle était libérée.

«Vous pouvez compter sur sa dignité personnelle», a-t-il plaidé, ajoutant que de violer une décision de justice représenterait une humiliation et une source d’embarras pour son père, Ren Zhengfei, le fondateur de Huawei.

– Archives

Huawei est la société de technologie la plus prestigieuse en Chine et a été fondée par le père de Meng, Ren Zhengfei.

Huawei est la société de technologie la plus prestigieuse de Chine. Avec des ventes qui devraient atteindre plus de 102 milliards $US en 2018, ce mastodonte a déjà dépassé Apple en matière de ventes de téléphones intelligents.