Institut de Memramcook: Blaine Higgs brise une promesse électorale

Le maire de Memramcook Michel Gaudet affirme que Blaine Higgs a brisé une promesse électorale en annulant la rénovation de l’Institut de Memramcook.

«Déçu», «insensé», «surpris», «choqué», «frustré». Voilà les mots utilisés par les intervenants de Memramcook pour décrire leur réaction à la nouvelle que les travaux de rénovation de l’Institut de Memramcook ont été annulés par le gouvernement de Blaine Higgs.

Il y a deux ans, les libéraux annonçaient un projet de 25 millions $ afin de sauver l’établissement qui a joué un rôle clé dans l’histoire acadienne. En juin, l’ancien député Bernard LeBlanc a affirmé à l’Acadie Nouvelle que 5 millions $ ont été investis dans l’ancien Collège Saint-Joseph en 2017, puis que 10 millions $ additionnels seraient injectés dans le projet avant la fin 2018.

Mardi, le projet a été mis sur la glace. Les élus et les militants de la communauté peinent encore à le croire.

«J’ai rencontré M. Higgs durant la campagne électorale», mentionne Michel Gaudet, maire de Memramcook. «Je l’ai rencontré à mon bureau à Moncton, au travail. Je lui ai demandé très clairement: quels sont vos plans pour l’Institut de Memramcook si vous gagnez les élections? Il m’a répondu tout aussi clairement que les travaux n’arrêteront pas.»

«C’est une grande déception. Nous sommes frustrés. C’est incompréhensible. On n’a eu aucune communication pour justifier quoi que ce soit», ajoute Pierre Roy, président du comité de sauvegarde de l’Institut de Memramcook.

MM. Roy et Gaudet croient que l’annulation du projet à Memramcook est de motivation politique. Les conservateurs de David Alward étaient au pouvoir quand l’organisme à but non lucratif qui administrait l’institut a fait faillite, en 2013. Les libéraux de Brian Gallant ont annoncé leur projet de rénovation de 25 millions $, quelques années plus tard. Cette semaine, le nouveau gouvernement de M. Higgs met à nouveau l’avenir de l’institut à risque.

«Combien de temps, d’argent et d’énergie ont été gaspillés? Ça ne se tient pas debout. Si je deviens directeur d’une nouvelle école, je ne vais pas changer tout le personnel et recommencer à zéro. Mais là, on change de gouvernement aux quatre ans, on ne peut pas continuer à passer d’un côté à l’autre», affirme M. Roy.

«Notre circonscription a élu le Parti vert et il n’y a pas eu de grosses coupures dans les circonscriptions bleues. Ça ressemble à une décision très politique. On va faire tout ce qu’on peut pour sauvegarder l’institut une fois de plus», assure M. Gaudet.

Le comité de sauvegarde de M. Roy se réunit afin d’élaborer un plan pour les prochaines démarches, mercredi.

Ses membres cherchent toujours des réponses du nouveau gouvernement concernant les détails concrets de ses plans pour l’avenir de l’institut.

«Je suis pas mal déçu»

Paul-Émile Léger a travaillé pendant 40 ans au service de maintenance à l’Institut de Memramcook. Il était à deux mois de la retraite quand on a annoncé la faillite de l’organisme à but non lucratif responsable de son administration et la perte de 80 emplois, y compris la sienne, en juillet 2013. Sa retraite a été repoussée de cinq ans, durant lesquelles il a travaillé à la chaufferie de l’Hôpital George-Dumont.

«J’ai été très chanceux, tout est très positif. Il faut regarder les bons côtés. Le monde à l’hôpital George-Dumont m’a très bien traité.»

M. Léger a enfin pris sa retraite cet été. Mardi, il a été déçu d’apprendre que l’avenir de l’endroit où il a travaillé pendant quatre décennies est en péril.

«Je suis pas mal déçu. Beaucoup d’argent a été dépensé déjà. En l’arrêtant comme ça, on perd beaucoup d’argent. Arrêter un projet qui avançait aussi bien aussi soudainement me déçoit.»

M. Léger croise les doigts et espère que l’équipe de M. Higgs fera marche arrière. Il reconnaît que le gouvernement doit faire des économies, mais il ne croit pas qu’éliminer l’établissement au coeur de Memramcook soit la meilleure façon.

«Peut-être que le gouvernement veut examiner la situation, et qu’il décidera dans quelques mois ou un an qu’il veut reprendre le projet. Il était assez avancé. C’est un mauvais temps pour l’arrêter.»