«Génocide acadien»: en quête d’une reconnaissance internationale

Un groupe de citoyens de Caraquet a souligné un sombre anniversaire de l’histoire acadienne en appuyant les démarches de la Coopérative des Arcadiens, dont l’objectif est d’ériger un mémorial visant à reconnaître le génocide du peuple acadien.

Le 13 décembre 1758, le Duke William, un navire britannique, a fait naufrage dans le nord de l’Atlantique, au large des Cornouailles. Environ 362 Acadiens à bord ont péri.

Les naufrages du Violet et du Ruby, deux autres vaisseaux britanniques dans les semaines qui ont précédé, ont mené à la mort de 488 autres Acadiens. La moyenne d’âge des passagers était d’environ 15 ans

Il s’agit de la plus grande perte de vie durant le Grand Dérangement.

Environ 3100 des quelque 10 000 Acadiens déportés de 1755 à 1763 ont perdu la vie. Jean-Paul Savoie, porte-parole de la Coopérative des Arcadiens et ancien maire de Kedgwick, considère que ces événements constituent un génocide.

«Le génocide est reconnu par nous, les Acadiens de Kedgwick. On reconnaît qu’il y a eu un génocide si on se réfère aux critères de l’ONU (…) Nos ancêtres ont vécu un génocide parce qu’ils sont presque tous morts.»

Quelque 15 personnes ont assisté à la présentation de M. Savoie jeudi après-midi, à Caraquet.

À moyen terme, l’objectif de la Coopérative des Arcadiens est d’établir un mémorial sur une terre privée à Kedgwick. Le site comprend déjà un abri extérieur ainsi qu’un mât auquel flotte le drapeau acadien. Le groupe prévoit de construire le mémorial en deux ans.

À l’intérieur du pavillon d’accueil, les visiteurs pourront signer une pétition pour soutenir la demande de reconnaissance d’un génocide.

Une lettre a aussi été envoyée à Justin Trudeau, premier ministre du Canada, pour demander une reconnaissance officielle de la part du gouvernement fédéral.
Le document a été remis au premier ministre Trudeau par René Arseneault, député du Parti libéral du Canada dans Madawaska-Restigouche.

La démarche est appuyée par l’organisme Véritas Acadie, qui publie une revue sur l’histoire de l’Acadie.

L’historien Fidèle Thériault figure parmi les partisans du projet, mais d’autres ont apporté des nuances à cette interprétation de l’histoire.

L’historien Maurice Basque estime qu’il faut plutôt qualifier le Grand Dérangement d’une tentative de nettoyage ethnique et non de génocide.