Au tour de Grande-Anse de vibrer au rythme de la chasse à l’as

Maintenant que le gros lot de 4 millions $ a été remporté à Inkerman, au tour de Grande-Anse de vivre la frénésie – à plus petite échelle, on s’entend – de la chasse à l’as!

Depuis lundi matin, ça ne dérougit pas au presbytère de la paroisse Saint-Simon et Saint-Jude. Le stationnement est toujours plein par le va-et-vient des véhicules. À l’intérieur, les bénévoles vendent des livrets multicolores de billets comme jamais auparavant.

On va battre des records, c’est certain. La meilleure semaine a été de 78 000$. Lundi, lors du passage du journal, près de 100 000$ avaient déjà été encaissés.

«On profite de la manne, affirme Paul-Émile Landry, président du comité de gestion de la paroisse. On ne doublera peut-être pas nos ventes, mais on n’en sera pas loin.»

Cet engouement fera en sorte que le gros lot, estimé à 280 000$ au départ, dépassera probablement la marque des 300 000$ lors du tirage, mardi soir après 21h15, au club La Chaîne d’Or de Grande-Anse.

«On le voyait venir, admet M. Landry, en constatant l’intérêt généré après la fin de la loterie du Comité du pont d’Inkerman. En fin de semaine, j’ai vu tous les messages sur notre page Facebook, mais je ne pensais pas que ce serait aussi populaire. On voit beaucoup de gens qui achètent pour des groupes. C’est excellent pour nous, car il n’y a pas d’activité de financement qui peut nous rapporter autant.»

Il ne reste plus que cinq cartes dans le paquet. Si jamais la carte chanceuse demeure cachée, la loterie se poursuivra et pourrait se rendre jusqu’au 15 janvier, avec une semaine de pause pendant les Fêtes.

Jean-Guy Roy aligne un à un les billets de 20$. Un, deux, trois… Il en a 12 en tout. Il est responsable d’un groupe dont les membres viennent d’aussi loin que de Moncton et de Rimouski.

«Je l’ai fait pour Lamèque et je l’ai fait pour Inkerman. Là, c’est pour Grande-Anse. C’est la première fois que je viens ici. On m’a dit “Maintenant qu’Inkerman est fini, va à Grande-Anse!” On n’a pas gagné les 4 millions $ à Inkerman, mais 300 000$, c’est un beau prix de consolation. C’est plaisant, ça fait du stir», raconte avec entrain ce résident de Caraquet.

Louis Gauvin, de Shippagan, en est sa troisième semaine d’essai à Grande-Anse. Il a acheté des billets à Inkerman aussi, mais la chance ne lui a pas souri.

«Tout le monde voulait aller à Inkerman en raison des 4 millions $ alors qu’ici, c’est seulement 300 000$. Si je gagne? Pas de quoi sauter en l’air, mais ça va faire un beau Noël», avoue-t-il.

Rita Boucher, de Bas-Caraquet, allait aussi à Inkerman. Elle a acheté un livret pour son mari et elle.

«Si on gagne, on va penser à notre affaire. On va partager avec nos enfants, nos petits-enfants et nos arrières-petits-enfants», confie-t-elle.

Tout cet argent ira dans les rénovations de l’église, un patrimoine religieux et architectural unique construit à la fin des années 1940 et qui a besoin d’une bonne cure de rajeunissement, mentionne Paul-Émile Landry.

«Il faut refaire une partie du toit, changer le système de chauffage, changer le système acoustique, repeindre et remplacer des tapis, travailler dans le cimetière… La liste est longue. Nous allons établir une priorité après la chasse à l’as. Nous ne voulons pas dilapider cet argent. On veut être responsable», mentionne celui qui a dû doubler le nombre de bénévoles pour la vente de billets lundi matin.

C’est la deuxième loterie du genre organisée par la paroisse, mais il n’y en aura pas de troisième. La première a rapporté 250 000$. La deuxième a déjà permis de récolter plus de 330 000$.

Un montant qui risque de gonfler pas mal si l’as de coeur n’est pas retourné mardi soir.

Comme quoi la malchance de l’un fait la chance de l’autre…