Élections 2018: seulement un jeune sur deux a exercé son droit de vote

La participation des électeurs de moins de 35 ans est demeurée bien en dessous de celle de leurs aînés lors du dernier scrutin provincial malgré une légère hausse par rapport aux élections précédentes.

Selon les données d’Élections NB, 50,4% des électeurs inscrits âgés de moins de 25 ans ont exercé leur droit de vote lors des dernières élections. C’est 6,3 points de pourcentage de plus qu’en 2014, mais 16 points de moins que le taux de participation total de 66,4%.

«Nous sommes heureux de voir cette augmentation chez les jeunes de ce groupe d’âge (…) mais c’est toujours beaucoup plus bas que les cohortes plus âgées», résume la directrice générale des élections, Kimberly Poffenroth.

Le groupe des 25 ans à 34 ans n’a guère fait mieux que leurs cadets avec un taux de participation de 49,3%, en hausse de 2,1 points de pourcentages.

Les électeurs de 65 ans à 84 ans remportent la palme avec un taux de participation de 79,3%, suivi de ceux de 55 ans à 64 ans (73,4%), de 45 ans à 54 ans (64.4%) et de 35 ans à 44 ans (59.6%).

Élections NB a mis le paquet cette année pour favoriser la participation des jeunes électeurs. En plus d’avoir recours aux médias sociaux, l’agence a permis aux étudiants des universités et des collèges communautaires de voter directement sur leur campus durant plusieurs jours.

Des ambassadeurs des élections ont également été embauchés sur les campus pour promouvoir le vote.

Élections NB a également misé sur la sensibilisation auprès de ceux qui n’ont pas encore le droit de vote en organisant des simulations d’élections dans les écoles.

Cette initiative a été particulièrement bien accueillie par la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB).

Son président, Émile Couturier, prend très au sérieux le faible taux de participation des 18 ans 35 ans.

«C’est dommage. Ce n’est pas seulement le problème d’une élection. C’est un problème de système», note-t-il.

«Nous avons une population (de jeunes) qui vote très peu. On aimerait qu’elle vote plus et pour ce faire il va falloir que l’état intervienne d’une manière ou d’une autre.»

La FJFNB milite depuis plusieurs années pour deux initiatives afin d’améliorer la situation: le cours d’éducation civique et le vote à 16 ans.

«Nous aimerions que chaque élève touche au moins un minimum au fonctionnement de la société politique dans laquelle il vit», explique Émile Couturier. La Fédération des jeunes travaille en ce moment à l’élaboration du contenu de ce cours.

La réduction de l’âge minimum pour voter de 18 ans à 16 ans permettrait à de nombreux jeunes de vivre leur premier vote avant leur départ pour l’université et le collègue, ajoute M. Couturier.

«Selon nos recherches, 18 ans ce n’est pas un super âge pour commencer à voter parce que les jeunes déménagent souvent. À 16 ans, on est toujours à l’école. On pourrait voter dans les écoles.»

Le précédent gouvernement libéral avait promis de tenir un plébiscite sur le vote à 16 ans lors des élections municipales de 2020. L’initiative ne fait toutefois pas partie de la plateforme électorale ou du discours du Trône du nouveau gouvernement progressiste-conservateur minoritaire.

Un survol rapide du paysage électoral canadien indique que le Nouveau-Brunswick n’est pas la seule province avec un faible de participation chez les jeunes électeurs.

En 2017, seulement 56,2% des électeurs inscrits de 18 à 24 ans ont exercé leur droit de vote lors des élections provinciales en Colombie-Britannique. En Nouvelle-Écosse, la même année, ils n’étaient que 34,6%.

Lors des dernières élections fédérales, en 2015, le taux de participation chez les électeurs inscrits de 18 ans à 24 ans était de 57,1 %