Trouver la paix intérieure avant de prendre le dernier train

Comment entourer de façon humaine une personne à l’approche de son dernier voyage? Comment cheminer personnellement à l’heure d’entrer dans le grand âge? Ce sont là quelques-unes des nombreuses questions qu’explore Valois Robichaud dans son dernier ouvrage: L’accompagnement en fin de vie.

Le gérontologue de Baie-du-Petit-Pokemouche, près de Shippagan, en est à son quatrième ouvrage en quatre ans. Il propose cette fois un condensé de réflexions entourant la fin de la vie, traitant tant des questionnements qui surgissent au moment de prendre sa retraite, que de la solitude, des soins palliatifs ou de l’aide à mourir.

Porté par le désir «d’aider les gens à mieux vivre», Valois Robichaud invite les nouveaux retraités à profiter de cette nouvelle étape pour se questionner et se retrouver.

Quel peut bien être mon idéal et vie aujourd’hui, mon désir, mon ambition? Ai-je l’impression d‘avoir retrouvé un sens à ma vie? Que me reste-t-il à accomplir avant de quitter cette Terre?

«Le plus grand obstacle à la rencontre de soi et de l’autre est souvent un agenda trop rempli, une fuite dans le travail et le bénévolat. C’est parfois réconfortant pour ceux qui ont peur de s’arrêter, comme si la mort, quelque part, les attendait», écrit-il.

Certains doivent alors accueillir cette nouvelle vie libérée de contraintes et d’engagements et accepter que le travail n’est plus la seule voie pour se réaliser et être heureux. «La retraite c’est un moment de réorganisation de notre vie, il y a un peu un travail de deuil à faire», souligne l’auteur.

Au fil des pages, Valois Robichaud multiplie les exemples de situations vécues, inspirées par sa pratique de conseiller en relation d’aide. À ses yeux, il est essentiel que chacun réfléchisse à la façon dont il aimerait terminer ses jours, et en parle avec ceux qu’il aime.

Les derniers chapitres mettent le doigt sur l’importance d’entretenir une relation authentique et respectueuse avec la personne en fin de vie, et offrent une bonne matière à réflexion, que ce soit pour les proches du mourant, les professionnels de la santé, le personnel de foyer de soins ou les aidants naturels.

«Toute personne devrait être entourée à la fin de sa vie et mérite qu’on lui accorde toute sa dignité», insiste M. Robichaud. «Chaque matin, des hommes et des femmes, enfermés dans des pièces feutrées, vivent une mort relationnelle. Lorsque l’humain est isolé, il s’installe dans une forme de sclérose, d’enfermement, d’asphyxie de la vie psychique et il s’ensuite une mort psychique graduelle.»

Le contact avec le mourant est primordial pour aider ce dernier à terminer sa course avec sérénité, explique-t-il.

«L’être humain étant un être relationnel, c’est la présence de l’autre qui peut soulager l’angoisse face à la mort et à l’inconnu. C’est par la parole, par les échanges qu’on peut atténuer cette angoisse.»

À 71 ans, Valois Robichaud ne compte pas s’arrêter d’écrire. Il entend se lancer dès cet hiver dans la rédaction de son prochain ouvrage intitulé Rentrer chez soi, qui invitera le lecteur à reconnecter avec son jardin intérieur.