Dossier de la route 11: silence radio à Fredericton

Il n’y a toujours pas eu de communications concernant la route 11 entre le gouvernement de Blaine Higgs et les maires de Kent. La loi du silence règne aussi entre Fredericton et l’équipe du ministre des Affaires intergouvernementales du Canada, Dominic LeBlanc.

Les maires, M. LeBlanc et des élus provinciaux libéraux se sont réunis à Richibucto, mardi, afin de partager de l’information et élaborer un plan de match à l’égard du dossier de la route 11.

«Tout le monde autour de la table est convaincu de l’importance du projet. Un maire a posé la question et tout le monde a dit qu’on est prêt à travailler afin que le projet continue. Aujourd’hui était une première étape pour assurer que le gouvernement provincial soit aussi convaincu de l’importance du projet», assure Roger Doiron, maire de Richibucto.

Le nouveau gouvernement de Blaine Higgs a annoncé, la semaine dernière, le gel des travaux sur la route 11. Ottawa s’était engagé il y a deux ans à payer 125 millions $ dans le projet et Fredericton, 147 millions $. Le premier ministre Higgs a annulé l’investissement provincial dans le projet à partir de 2021.

Le dédoublement d’un tronçon de 13,8 km, entre la rivière Cocagne et la petite rivière Bouctouche, ainsi que l’ajout d’une ligne de dépassement sur une section de
11 km près de Miramichi, sont compromis.

Dominic LeBlanc n’a pas caché sa frustration, qualifiant la manoeuvre de «mal réfléchie». Une semaine s’est écoulée, et il n’y a toujours eu aucune discussion entre
M. LeBlanc et M. Higgs.

«On aura, un moment donné, la chance de discuter avec le gouvernement Higgs, mais pour le moment, on est un peu dans l’inconnu face à la décision», affirme M. LeBlanc.

«C’est la première fois qu’on voit, au gouvernement fédéral, un gouvernement (provincial) qui décide d’annuler ou de reporter, de façon assez substantielle, un projet à mi-chemin. Ils ont fait cela sans aucun préavis et aucune discussion. On n’a pas eu la chance de discuter de quelle façon on pourrait réorganiser le projet.»

Toujours sur la table

Patrice Finnigan, député fédéral de Miramichi-Grand Lake, assure que pour l’instant, les fonds et l’entente sont toujours sur la table du point de vue du gouvernement fédéral. Selon lui, le gouvernement provincial n’a toujours pas encore officiellement communiqué à Ottawa son retrait du projet.

M. Finnigan se croise les doigts et espère que le gouvernement provincial trouvera une solution avant qu’il ne soit trop tard.

«Je ne sais pas jusqu’à quand les fonds du fédéral seront disponibles. Mais j’espère que d’ici là, les inquiétudes concernant les décès et les obligations contractuelles seront prises au sérieux et ils (les membres du gouvernement Higgs) s’assoiront et se demanderont ce qu’ils peuvent sauver de la situation», mentionne-t-il.
Le député ajoute qu’il y a eu 21 décès sur la route concernée dans les 20 dernières années.

Malgré les défis, le maire Roger Doiron reste optimiste. «Je suis un éternel optimiste. J’ose croire qu’on a des arguments importants pour faire comprendre au gouvernement provincial l’importance de cette route pour tous les citoyens de Kent. Mais le temps est capital, parce que si ça traine trop, on risque de tout perdre.»
En plus de nombreux maires de Kent, de M. LeBlanc et de M. Finnigan, le député de Dieppe, Roger Melanson, et le député de Kent-Sud, Benoît Bourque étaient aussi présents.

Le député de Kent-Nord, Kevin Arseneau, devait participer à la réunion, mais il n’a pas pu en raison d’un imprévu. Le maire de Saint-Antoine et candidat conservateur aux dernières élections provinciales, Ricky Gautreau, était également présent.