Ambulance: Robert Gauvin «devrait démissionner», selon la SANB

Le vice-premier ministre Robert Gauvin devrait passer de la parole aux actes et quitter le gouvernement et le caucus progressiste-conservateur, selon le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick.

La ligne rouge qu’a tracée le député de Shippagan-Lamèque-Miscou a été franchie mardi lorsque le ministre de la Santé a mis fin aux exigences en matière de bilinguisme pour les travailleurs paramédicaux de certaines régions, selon Robert Melanson.

«C’est lui-même qui a dit qu’il allait démissionner si on reculait au niveau de nos droits linguistiques et à peu près tout le monde s’entend pour dire que nous reculons avec cette affaire-là», affirme le président de la SANB.

«S’il est fidèle à ce qu’il dit, il devrait démissionner. On vient d’essuyer un grand recul au niveau des droits linguistiques.»

Le ministre de la Santé a annoncé mardi qu’Ambulance NB n’aurait plus à offrir ses services dans les deux langues officielles en tout temps dans toutes les régions de la province.

La Loi sur les langues officielles garantit pourtant aux Néo-Brunswickois l’accès à un service de qualité égale, dans les deux langues, sur l’ensemble du territoire, rappelle Robert Melanson.

Robert Gauvin devrait quitter le gouvernement et le caucus du Parti progressiste-conservateur, insiste le président.

«Il devrait démissionner du Parti conservateur parce que c’est ce parti-là qui ne respecte pas les langues officielles et qui essaye de nous faire reculer.»

M. Gauvin a rejeté cette idée, mercredi, lors d’une mêlée de presse à Caraquet en compagnie du premier ministre Blaine Higgs, en indiquant que Fredericton allait «maintenir (ses) obligations au sujet du bilinguisme officiel».

S’inspirer d’Amanda Simard

Robert Gauvin devrait s’inspirer de la députée franco-ontarienne de Glengarry-Prescott-Russell au lieu d’imiter la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, suggère le président de la SANB.

«Est-ce qu’il va agir? Est-ce qu’il va être une Caroline Mulroney ou est-ce qu’il va être une Amanda Simard?»

Mme Simard a quitté le caucus progressiste-conservateur du premier ministre Doug Ford, le mois dernier, après que celui-ci a annoncé l’abolition du poste de commissaire aux services en français de l’Ontario et l’annulation du projet de l’Université de l’Ontario français.

La ministre Caroline Mulroney a quant à elle été sévèrement critiquée par les Franco-Ontariens pour s’être rangée derrière le premier ministre Doug Ford.

La SANB entend consulter les autres organismes de la société civile acadienne et n’écarte pas la possibilité de se tourner vers les tribunaux.

«Nous n’allons pas laisser ça là. Nous n’allons pas laisser la province du Nouveau-Brunswick venir jouer dans nos droits chèrement acquis», promet Robert Melanson.

  • Avec la collaboration du journaliste Réal Fradette.