Jeux de la Francophonie: Higgs tranchera en janvier

Le Nouveau-Brunswick mettra fin aux préparatifs des Jeux de la francophonie 2021 de Dieppe et Moncton au plus tard à la fin du mois prochain si Ottawa ne trouve pas une solution aux problèmes financiers de l’organisation d’ici là.

Blaine Higgs n’a pas l’intention de laisser durer le suspense indéfiniment.

«Les ministères étudient en ce moment ce qui a été payé à ce jour et ce que le processus (pour annuler les Jeux) pourrait être», avance le premier ministre.

«Nous avons dit que nous allions prendre une décision (…) nous n’allons pas laisser ça s’étirer au-delà de janvier, si ça va jusque là.»

Fredericton demeure déterminé à ne pas investir plus de 10 millions $ dans la présentation des Jeux de la francophonie comme c’était prévu par l’Organisation mondiale de la francophonie au moment de présenter sa candidature.

«Nous ne voyons aucune façon que ça pourrait marcher dans le budget», soutient M. Higgs.

D’après le cabinet d’experts-comptables embauché par le gouvernement fédéral, l’événement d’envergure internationale pourrait coûter au moins 115,3 millions $.

Le comité organisateur local de la région de Moncton propose quant à lui des Jeux à 130 millions $.

Le gouvernement fédéral a déjà annoncé qu’il était prêt à payer une partie des dépassements de coûts, à condition que le Nouveau-Brunswick fasse de même.

C’est donc l’impasse, constate Blaine Higgs.

«On dirait que le gouvernement fédéral est en train de regarder dans ma direction pour une solution et je regarde dans sa direction pour une solution. Il doit assumer ses responsabilités et s’il ne veut pas le faire, peut-être que la discussion est terminée», dit-il.

Le seul espoir des Jeux de la francophonie, sauf si Ottawa décidait de défrayer à peu près tous les coûts, est d’organiser l’événement dans plusieurs provinces à la fois, selon M. Higgs.

«(Le Nouveau-Brunswick) n’est pas suffisamment gros pour accueillir ce genre d’événement à ce prix-là», constate-t-il.

«Ça doit devenir des jeux fédéraux avec une participation des provinces. Comme ça, les Jeux pourraient se déplacer d’une province à l’autre. On pourrait alors avoir des Jeux de qualité professionnelle, bien gérés et bien accueillis au lieu d’inventer chaque fois un nouveau processus.»

Encore une fois, la balle est dans le camp du fédéral, soutient M. Higgs.

Même s’il n’envisage pas l’annulation des Jeux de gaité de coeur, le chef du Parti progressiste-conservateur ne s’attend vraisemblablement pas à un ressac dans l’opinion publique en cas d’annulation, même chez les francophones.

«Les gens dans cette province, et partout dans le Nouveau-Brunswick francophone, arrivent au constat que le Nouveau-Brunswick n’a pas les moyens de faire (les Jeux)», assure-t-il.