Apprendre à survivre en forêt et à devenir un bon citoyen

Après bon nombre d’expéditions de survie en forêt, le Corps des cadets de l’armée de Shippagan-Lamèque-Miscou fêtait son 30e anniversaire de fondation en juin dernier. Depuis 1988, plusieurs jeunes de la région ont été initiés à la vie dans les bois et au secourisme, tout en apprenant à devenir de bons citoyens.

Chantal Power, une enseignante de formation, est officier dans les cadets de l’armée depuis maintenant 12 ans. «On apprend aux jeunes à devenir de bons citoyens. En bref, nous encourageons la forme physique, le leadership et le civisme», explique-t-elle.

Le quartier général est situé à Le Goulet et compte trois officiers et quatre parents bénévoles, qui s’occupent de 19 jeunes âgés de 12 à 18 ans.

Avec des groupes de plus en plus petits, ils en profitent pour partir en expédition avec d’autres Corps de cadet du Nouveau-Brunswick.

Une expédition a d’ailleurs été organisée en octobre, de Caraquet à Miscou, avec le groupe de Saint-Quentin. Quelque 83 kilomètres en deux jours à vélo, avec un arrêt pour dormir à Lamèque. Avec comme seul équipement une lampe de poche et une ration militaire par jour, les jeunes ont adoré.

Les plus petits groupes ne sont pas un obstacle au bon déroulement des activités, bien au contraire. «Les groupes sont plus petits qu’auparavant. Mais l’avantage, c’est que les jeunes peuvent se faire des amis provenant de plusieurs régions du Nouveau-Brunswick. Nous faisons des activités avec plusieurs Corps de cadets de la province.»

Les trois valeurs centrales des cadets sont la forme physique, le leadership et le civisme.

Pour illustrer le leadership, Mme Power donne l’exemple d’un garçon peu confiant, timide et réservé à son arrivée dans son groupe de cadets, qui est devenu un meneur à l’école. Selon elle, il s’est épanoui grâce aux concepts acquis lors de son passage chez les cadets.

«Il avait de la difficulté à s’exprimer avant son arrivée, puis il s’est ouvert au fil des activités.»

Le programme est gratuit pour les jeunes et les dépenses sont défrayées par l’Armée canadienne. Cela dit, le bénévolat est valorisé et plusieurs levés de fonds sont organisées pour aider à financer les activités. Les officiers et les bénévoles doivent, pour leur part, payer leurs propres dépenses.

Cadets et technologies

Comment, dans la pratique, les choses ont-elles évolué depuis les trente dernières années dans les Corps de cadets?

Les changements touchent surtout les activités en plein air, où les nouvelles technologies et les gadgets électroniques modifient parfois les activités de secourisme, de tir de précision, de camping et de survie en forêt.

L’orientation, par exemple, est une activité populaire chez les cadets. Deux cadets de la région viennent justement de remporter la première et la deuxième place lors d’une compétition. Avec uniquement une boussole et un sifflet, les jeunes doivent retrouver leur chemin en pleine forêt.

Avec l’arrivée des téléphones cellulaires et des GPS électroniques, Mme Power a observé une évolution de la pratique. Elle dit cependant que les jeunes ont plus besoin que jamais de comprendre le fonctionnement de la boussole à gousset pour se retrouver en forêt – puisque tout ce qui fonctionne à batterie peut devenir rapidement inutile – et doivent connaître les techniques de survie.

«C’est plus difficile de se perdre avec un téléphone cellulaire. Mais les jeunes doivent comprendre comment survivre en attendant les renforts. Comment se débrouiller et trouver les ressources pour survivre.»

Les cellulaires ne sont pas autorisés, et ce, pour toutes les activités. Ils sont seulement permis lors des pauses.

«On essaie de donner ce moment-là aux jeunes pour favoriser le contact humain. À vrai dire, ils n’ont même pas le temps d’utiliser leur téléphone cellulaire», répond-t-elle.

Ce qui n’a pas changé, toutefois, c’est l’intérêt des jeunes. Ils veulent apprendre comment survivre dans la forêt, et sont trop occupés pour penser à leurs appareils électroniques.soci