Un nouveau camping de 250 sites verra le jour à Cap-Pelé

Un projet de terrain de camping de 250 sites près de la plage de l’Aboiteau obtient le feu vert à la suite d’une étude d’impact sur l’environnement. Les promoteurs souhaitent commencer la construction en 2019.

L’équipe de François Richard, porte-parole du projet Camping Plage Aboiteau Beach, a déjà une liste de noms de personnes souhaitant occuper un emplacement saisonnier.

En attente d’une validation depuis 2015, le projet a franchi une étape importante le 14 décembre. Le ministère de l’Environnement a émis un certificat de détermination – qui contient 24 conditions – à la suite d’une étude d’impact sur l’environnement.

Le nouveau terrain de camping sera construit sur une propriété de 23 acres, entre la route 133 et la plage de l’Aboiteau, adjacente aux Chalets de l’Aboiteau.

Les promoteurs connaissent bien le terrain: M. Richard est lui même directeur général des Chalets de l’Aboiteau inc. Ses partenaires comprennent des propriétaires du terrain de camping Sandy Beach, aussi situé à Cap-Pelé.

«La plage de l’Aboiteau est de plus en plus populaire. L’achalandage augmente chaque année. La demande est là pour des lots de camping, on n’est pas inquiet.»

Le projet du terrain de camping a fait l’objet de débats lors de réunions du conseil municipal de Cap-Pelé. Des résidents craignent que la construction laisse le secteur vulnérable aux inondations.

M. Richard se fait rassurant. Les promoteurs ont réduit l’ampleur du projet, éliminant des plans originaux 26 sites qui se seraient retrouvés sur des terres humides. Ils travaillent aussi à finaliser un plan de drainage «zéro net». Ils envisagent un scénario dans lequel il n’y aura pas plus d’écoulements (de l’eau qui ruisselle le long de la surface du terrain) qu’à l’heure actuelle sur les sites des chalets et du marais avoisinants.

Des opposants

Pierre Gagnon, ingénieur à la retraite et porte-parole d’un groupe d’opposants, n’est pas convaincu. Son organisme, l’Association pour la protection des marais et Plages de l’Aboiteau, a embauché son propre ingénieur afin d’évaluer l’impact du projet de camping sur les écoulements dans le secteur.

L’enquête de l’ingénieur conclut que les plans originaux mettent le marais et les chalets avoisinants à risque en cas de tempête grave. Selon M. Gagnon, le gouvernement a choisi d’ignorer cet avertissement.

«Le projet n’est pas conforme aux normes de l’ingénierie. Je ne me gêne pas pour choisir mes mots: c’est une farce. Tant qu’à faire des études d’impact sur l’environnement comme ça, on serait de l’avant d’éliminer le ministère. Au moins, on économiserait de l’argent et on sauverait du temps aux gens.»

M. Gagnon assure qu’il continuera de militer contre la construction du terrain de camping, notamment auprès du conseil municipal.

M. Richard rétorque que son groupe tient bel et bien compte de l’étude de l’ingénieur du groupe de M. Gagnon.

«Ils disent qu’on ne respecte pas l’étude, mais c’est faux. On a accepté de la considérer dans notre plan de drainage final. On tient compte de l’avis des ingénieurs de la municipalité, de nos ingénieurs et des ingénieurs du groupe en question. Il y a encore des révisions à faire à notre plan de drainage, mais on s’attend d’avoir un plan qui nous permettra de ne pas affecter le marais ou les chalets.»

Si tout se déroule comme prévu, le nouveau terrain de camping pourrait accueillir ses premiers clients vers la fin de la saison 2019. Il doit inclure une piscine, une salle récréative, des bureaux et un terrain de jeu.

Le projet de l’équipe de M. Richard a été lancé il y a plus de quatre ans. Le 16 mai 2014, le Village de Cap-Pelé a lancé un appel d’offres pour le développement du site en question. Elle a reçu une seule soumission, soit celle de Camping Plage Aboiteau Beach.