Le vaccin contre la grippe est «très efficace» cette saison

Alors que la saison de la grippe bat son plein au Nouveau-Brunswick, un spécialiste de Moncton constate que le vaccin est efficace cette année. Il affirme qu’il n’est toujours pas trop tard pour se faire vacciner.

Les scientifiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), responsables de faire des recommandations sur la composition du vaccin contre la grippe, ont raté leur coup l’an dernier.

Mal adapté au virus qui circulait en 2017-2018, soit la souche A (H3N2), il avait un taux d’efficacité de 10% à 20%.

De l’automne 2017 jusqu’à la première semaine de mars 2018, plus de 1700 cas de grippe ont été signalés au Nouveau-Brunswick. Il s’agissait d’une hausse de 1000 cas, comparativement à la saison précédente.

«Dans les dernières années, on n’a jamais eu un grand succès contre le H3N2», explique Gabriel Girouard, microbiologiste et infectiologue au Centre hospitalier universitaire Dr-George-L.-Dumont.

Cette année, par contre, l’équipe de l’OMS a visé juste. Le vaccin est bien adapté à la souche principale d’influenza répandue au pays, soit la grippe A (H1N1)pdm09.

«Cette année, le vaccin est très efficace pour protéger la population contre l’influenza», assure le Dr Girouard.

En date du 29 décembre, trois personnes sont mortes et 71 ont été hospitalisées après avoir contracté une maladie liée à la grippe. L’an dernier, au début du mois de février, on comptait déjà 13 décès et 207 hospitalisations.

Préparé six mois à l’avance

Le spécialiste compare la conception du vaccin à la prédiction de la météo. Les scientifiques de l’OMS doivent prédire plus de six mois à l’avance la principale souche de la grippe. Il estime que le taux de réussite est d’environ quatre années sur cinq.

«Un vaccin contre la grippe, ça ne se prépare pas avec deux semaines d’avis. Ça prend plusieurs mois de préparation pour produire des millions de doses. Tout ça doit être déterminé longtemps à l’avance.»

Selon le Dr Girouard, il n’est pas trop tard pour se faire vacciner. Comme le vaccin prend environ deux semaines à atteindre son effet maximal, la vaccination peut offrir une protection jusqu’à la fin de la saison, au printemps.

Il rappelle que le vaccin est offert gratuitement à une importante tranche de la population. Les personnes admissibles incluent les personnes atteintes de maladies chroniques, les femmes enceintes, les personnes âgées de plus de 65 ans ou de moins de 18 ans, ainsi que les personnes qui vivent avec de jeunes enfants ou des personnes à risque de complications liées à la grippe.

«Je pense que beaucoup de gens ne prennent simplement pas le temps de se faire vacciner. Le vaccin fonctionne bien cette année, donc on aurait pu prévenir plusieurs cas d’influenza.»

Gabriel Girouard et son équipe reçoivent chaque jour, des quatre coins de la province, plus de 100 échantillons qu’ils doivent tester pour savoir s’il s’agit bel et bien de l’influenza. Environ la moitié des tests s’avèrent positifs.