Saga Nutritec: les plaignants perdent une manche en cour

Un groupe de citoyens du Haut-Madawaska qui a intenté en août un recours collectif visant l’usine Nutritec de Saint-François-de-Madawaska et le gouvernement du Nouveau-Brunswick devra désormais mener bataille sans l’aide de leur conseiller juridique.

Siégeant jeudi après-midi en Cour du Banc de la Reine à Edmundston, le juge Zoël Dionne a statué que Benoît Bossé n’avait tout simplement pas les capacités et les compétences requises pour représenter les citoyens qui dénoncent depuis belle lurette la présence de l’usine Nutritec à proximité de leurs domiciles.

Ceux-ci réclament la fermeture pure et simple des installations de l’entreprise qui sont propriété d’Envirem Organics en raison d’émissions atmosphériques jugées polluantes et des plus nauséabondes.

Dans sa décision rendue, le juge Dionne a donné raison aux avocats de Distribution Westco et Groupe Westco, de Nutritec et de la province du Nouveau-Brunswick qui affirmaient que Benoit Bossé ne pouvait pas intervenir dans ce dossier puisqu’il ne possède pas le titre d’avocat membre du Barreau du Nouveau-Brunswick.

Ces derniers n’ont également pas manqué de rappeler que la juge Tracey K. DeWare avait ordonné, dans un jugement rendu en octobre, que Benoit Bossé cesse de représenter le groupe de citoyens dans le dossier de l’usine Nutritec.

Présents jeudi à l’audience du tribunal par voie téléphonique, Me Robert Basque et Pierre Ouellette ont indiqué que celui-ci pratiquait illégalement le droit en s’impliquant dans les procédures juridiques, allant jusqu’à qualifier le représentant d’incompétent et de plaideur quérulent qui utilise le système judiciaire de façon abusive et déraisonnable.

«M. Bossé n’a pas les capacités de représenter qui que ce soit et je ne peux aller à l’encontre d’une décision déjà rendue par la cour, c’est l’un des principes du droit. Il s’expose à de lourdes amendes et à la prison», a expliqué le juge Dionne en rendant cette décision qui a été loin de plaire au groupe de citoyens qui était présent au tribunal.

Éric Gagné et Monique Lévesque, à l’origine de cette bataille citoyenne menée contre l’usine Nutritec, étaient eux aussi visiblement déçus au sortir de la salle d’audience.

En plus de devoir dénicher un nouveau conseiller juridique ou de poursuivre seuls leurs démarches devant les tribunaux, ces derniers devront débourser un montant compensatoire de 1500$ afin d’aider à défrayer les coûts juridiques engendrés par l’une des parties défenderesses.