Services de garderie gratuits: le gouvernement Higgs conserve le plan libéral

Le ministre de l’Éducation et de la Petite enfance, Dominic Cardy, vient de confirmer que son gouvernement allait poursuivre le programme Services de garderie gratuits et de subventions de services de garde pour la classe moyenne, un programme initié par le gouvernement de Brian Gallant.

Le sort de l’initiative libérale était en suspens depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur. Après révision, le ministre Cardy y a vu suffisamment de côtés positifs pour en justifier le maintien.

«Les recherches effectuées au cours des dernières années sur le développement du cerveau chez les enfants sont claires, une éducation de qualité, dès la petite enfance, est essentielle. Et ce programme offre justement une chance à cette éducation à une clientèle plus vulnérable de notre société. On avait pris un peu de retard à ce chapitre au Nouveau-Brunswick, mais là on avance et tous les partis semblent sur la même page», confie le ministre.

Dès son entrée en poste, le ministre Cardy assure qu’il a étudié le programme avec son équipe afin de déterminer s’il avait été bien développé et bien implanté.

«J’ai parlé avec les éducateurs et les parents, et partout on a entendu le même message, soit qu’on était satisfait de la façon dont ça avait commencé, qu’il était livré. Bien entendu, il y a toujours place à amélioration, mais l’idée c’est qu’on avance dans la bonne direction et que nous avons l’intention de continuer à déployer le programme partout en province», ajoute-t-il.

La première phase du programme a débuté au printemps, à Saint-Jean et à Edmundston, avant d’être étendue à une demi-douzaine d’autres communautés à l’automne. La troisième phase, qui doit débuter d’ici quelques semaines, vise à l’élargir à l’ensemble de la province.

Tel qu’élaboré par les libéraux, la gratuité des services de garde vise les familles ayant un revenu de 37 500$ et moins. Des rabais gradués sont pour leur part prévus pour les familles jusqu’à concurrence d’un revenu de 55 000$.

En tout, on parle ici d’un investissement d’environ 41 millions $ de la part de la province et de 30 millions du côté fédéral.

Pour le moment, le ministre Cardy ne compte pas augmenter le seuil d’admissibilité au programme.

«Peut-être que ça viendra, mais cela dépendra de plusieurs facteurs, notamment de la situation fiscale de la province», prévient-il.

Un accueil positif

Directrice générale de l’Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick, Chantal Varin avoue avoir été très contente d’apprendre que le programme ne tomberait pas à l’eau.

«Avec les récentes compressions annoncées ici et là (par le gouvernement provincial), on était préoccupé de voir le programme passer au couperet à son tour.

ujourd’hui, on ne peut que se réjouir du fait que le gouvernement ait vu son mérite et qu’il ait décidé de poursuivre dans cette direction», indique-t-elle.

Pour Mme Varin, il s’agit d’une aide considérable pour les familles à faible revenu qui ne pouvaient se prévaloir des services de garderies en raison de leurs coûts trop élevés.

«Ça vient enlever une pression énorme sur ces familles, car les coûts des services de garde sont souvent un fardeau important, voir même l’une des raisons principales pourquoi plusieurs d’entre-elles choisissent de n’avoir qu’un seul enfant au lieu de deux ou trois. C’est certain qu’on voudrait voir le plan être élargi encore davantage, mais pour le moment on est satisfait du simple fait qu’il continuera d’aller de l’avant. C’est rassurant», poursuit-elle.

Mme Varin entend par ailleurs rencontrer le ministre afin de lui signifier les attentes de l’association en matière de service de garde, notamment au niveau de l’accessibilité, de la qualité et du respect de la dualité linguistique.

Soulagement chez les libéraux

Du côté des libéraux, on salue également la décision du ministre Cardy de maintenir le programme qu’ils ont mis sur pied lors de leur dernier mandat.

«On est vraiment heureux, fiers même, car l’objectif que nous avions en tête, lorsque nous sommes arrivés avec ce plan, c’était d’aider les familles qui en avaient le plus besoin. Qu’ils continuent avec notre plan, ça signifie que ce dernier a été bien pensé, que nous étions dans la bonne voie avec nos mesures», indique Chuck Chiasson, critique libéral en matière d’éducation et de la petite enfance.

Maintenant que la question des services de garde est réglée, celui-ci espère que le gouvernement Higgs réservera le même sort au fameux Programme des frais de scolarité gratuits. Une initiative libérale qui s’adresse aux étudiants dont le revenu familial brut est d’un maximum de 60 000$.

«La décision n’a pas encore été prise à ce niveau, mais on espère qu’ils (les conservateurs) opteront pour le conserver également. L’éducation, c’est la clé de notre prospérité économique», indique M. Chiasson.