Ski alpin: deux décès au Québec font réfléchir au N.-B.

Les deux décès survenus en moins de 48 heures la semaine dernière dans des centres de ski au Québec ne sont pas sans rappeler les dangers de la pratique du ski alpin ou de la planche à neige sur les pentes du Nouveau-Brunswick.

Le 2 janvier, une adolescente âgée de 15 ans est décédée à la suite d’une chute d’un télésiège à la station de ski Mont-Vidéo, en Abitibi.

Deux jours plus tard, un jeune planchiste de 22 ans a perdu la vie après avoir chuté dans une pente de la station de ski du mont Lac-Vert, à Hébertville, au Lac Saint-Jean.

Dans les stations de ski du N.-B., même si on qualifie ces deux morts de regrettables, aucune mesure de sécurité supplémentaire ne semble vouloir être prise.

Ce type d’accident mortel est heureusement très peu fréquent sur le territoire du Nouveau-Brunswick, faut-il préciser.

De l’avis d’experts en sécurité et de gestionnaires de centres de ski consultés par l’Acadie Nouvelle, l’absence de drames semblables au Nouveau-Brunswick et les mesures en matière de sécurité sur les pentes qui sont actuellement en vigueur ne justifieraient pas la mise en place de nouvelles normes en la matière.

«Nos patrouilleurs veillent déjà au respect du code de conduite et à la sécurité sur notre montagne. C’est difficile d’en faire plus. Je peux assurer que ces mesures ne sont pas prises à la légère», a indiqué Bill Anderson, le directeur général du centre de ski Poley Mountain, près de Sussex.

«Nous ne voulons pas vivre d’incident comme celui qui a coûté la vie à une adolescente qui a sauté de son télésiège (comme c’est arrivé le 2 janvier en Abitibi) . De tels gestes ici ne mènent non pas à un simple avertissement, mais à l’expulsion immédiate des pistes», a ajouté M. Anderson.

Selon lui, la recherche de sensations fortes peut parfois mener à des gestes irréfléchis aux lourdes conséquences, même si la plupart des adeptes de sports de glisse se comportent généralement de façon prudente sur les pentes.

«Il faudrait m’expliquer comment empêcher quelqu’un qui décide soudainement de sauter de son télésiège!», a laissé tombé Bill Anderson.

Au Centre Crabbe Mountain, on affirme également que la sécurité a toujours été la priorité du centre de ski et que tous les efforts sont faits afin d’assurer l’éducation des gens à propos des risques inhérents à la pratique du ski et du snowboard.

«Cela inclut l’affichage signalétique sur l’utilisation en tout temps des barres de retenue sur le télésiège et d’assurer une patrouille régulière de la montagne par un personnel qualifié et des membres de la Patrouille canadienne de ski», a précisé Stefanie Bouchard, la responsable du marketing de la station située à mi-chemin entre Fredericton et Woodstock.

À Edmundston, des mesures sont déjà en place afin d’éviter la répétition de tels drames.

«Le port du casque est obligatoire ici et la dameuse circule sous les sièges lorsqu’il y a pas mal de neige afin d’éviter que les gens ne sautent en bas. Cette initiative nous a permis de régler le problème qu’il y avait autrefois alors que quelques jeunes intrépides s’amusaient à sauter du télésiège», a expliqué Alain Sirois, le patrouilleur-chef de la Patrouille canadienne de ski au mont Farlagne.

«Un jeune skieur est décédé sur la pente Rice en 1989. C’est quelque chose qu’on ne veut certainement pas revoir», affirme-t-il, en ajoutant que le port du casque a permis d’éviter de fâcheux incidents de la sorte.

Les mesures de sécurité ne devraient pas non plus être revues de fond en comble au mont Farlagne.

«Le ski alpin et la planche à neige sont des sports d’adrénaline, il va malheureusement toujours y avoir des gens qui recherchent ce rush en sautant des télésièges ou en s’aventurant dans les sous-bois qui ne sont pas ouverts», affirme Alain Sirois.

«Faire en sorte de skier en respectant le code et les bases de la sécurité, en faisant attention à soi-même et aux autres en descendant les pentes et tout va bien aller», résume-t-il.