Chefferie libérale: Donald Arseneault ne sera pas de la course

Plusieurs noms commencent à circuler quant à la succession de Brian Gallant à la tête du Parti libéral. Il faudra toutefois biffer de la liste celui de Donald Arseneault.

«Le cœur me dit d’y aller, mais la tête me dit non. Je vais écouter ma tête pour l’instant.»

Cela fait tout juste un peu plus d’un an que Donald Arseneault a démissionné de son poste de député de Campbellton-Dalhousie. Et celui-ci l’avoue, la politique active lui manque (déjà) profondément.

Ancien ministre et vice-premier ministre de la province, il n’a jamais écarté un retour. Il a même à un moment songé à postuler pour le poste de chef du parti. Mais le moment n’est pas opportun pour lui.

«Je travaille depuis quelques mois dans le secteur privé (il est maintenant directeur des relations intergouvernementales pour un syndicat fédéral). C’est un défi différent de ce que je faisais auparavant et j’aime bien cela. À court et moyen terme, ma priorité est de continuer de bâtir ma carrière professionnelle, une expertise, à l’extérieur du domaine politique», confie M. Arseneault.

Sur une note plus personnelle, il dit projeter de se marier au courant de l’été, une autre bonne raison de mettre la politique sur la glace pour le moment.

«J’ai seulement 43 ans, je crois donc avoir encore beaucoup de temps devant moi pour un éventuel retour en politique. Je crois et j’ai énormément à cœur ma province. Même chose pour mon parti. Je vais toujours rester proche de ce dernier et m’impliquer. J’y ai de nombreux amis et on veut tous la même chose, faire en sorte de le ramener sur une voie positive», indique-t-il.

M. Arseneault demeure désormais dans la région de Fredericton et il effectue régulièrement le va-et-vient avec Ottawa, là où se situe son nouvel emploi avec le Syndicat des métiers de la construction. Il avoue que l’un des éléments qui ont failli le convaincre de briguer la chefferie, c’est l’élection du député de sa nouvelle circonscription de résidence, l’allianciste, Rick DeSaulniers.

«Pour moi, 2019, je la consacre à ma famille et à mon nouvel emploi. Après, on verra. Qui sait, on aura peut-être l’occasion de croiser le fer lui et moi un de ces jours», dit-il.

Chose certaine, s’il n’a pas l’intention de tenter le coup pour la chefferie, il a toutefois une idée de ce qu’il aimerait retrouver dans le nouveau leader.

«On a souvent reproché aux deux derniers chefs (Brian Gallant et Shawn Graham) leur manque d’expérience. Leur successeur devrait donc selon moi avoir un certain vécu politique. Il devra aussi être beaucoup plus près de son caucus, de la fonction publique et de la population. On ne peut rien accomplir seul, il faut pouvoir travailler en équipe et faire preuve d’écoute si l’on veut réussir», lance très peu subtilement l’ancien politicien.

Chose certaine, le temps n’est pas aux querelles intestines.

«On a plutôt besoin – et rapidement – de quelqu’un de solide, d’expérimenté et de rassembleur autour de qui bâtir un programme et une équipe solide. Car on ne sait pas dans combien de temps on sera appelé à retourner aux urnes», ajoute-t-il.

En attendant la course à la chefferie, l’ancien député compte suivre avec grand intérêt la course à l’intérim du parti.

«On risque de voir presque autant de candidats pour ce poste que pour celui de chef, sinon plus. Ces deux courses seront vraiment intéressantes», souligne-t-il.