L’hiver hâtif sera bénéfique aux orignaux

Le cheptel d’orignaux du sud du Nouveau-Brunswick devrait bien se porter en 2019 grâce à l’hiver hâtif. Les températures froides de novembre ont tué plusieurs tiques d’hiver, une espèce qui tourmente les grosses bêtes de la région depuis une décennie.

Si les températures froides de novembre ont été désagréables pour le commun des mortels, elles ont été bénéfiques pour la population d’orignaux du sud de la province.

Depuis cinq à dix ans, le nombre de gros cervidés est en déclin dans la région, probablement à cause des tiques d’hiver (dermacentor albipictus).

Chaque printemps, cette espèce pond ses oeufs dans les forêts du Nouveau-Brunswick. En automne, les larves grimpent sur les arbres et attendent le passage d’un orignal ou d’un autre animal pour s’y accrocher. L’hiver, les tiques grossissent jusqu’à ce qu’ils soient prêts à répéter le cycle, le printemps suivant.

L’hôte naturel des tiques d’hiver est le chevreuil. Mais cet animal a appris à les enlever de sa fourrure avant qu’elles ne deviennent problématiques. Les orignaux n’ont pas les mêmes réflexes.

«Généralement, les orignaux ne commencent pas à les enlever avant qu’ils aient une infestation assez grave. Là, ils commencent à se frotter contre des arbres et finissent par perdre beaucoup de leur fourrure», explique Dwayne Sabine, biologiste spécialiste des orignaux du gouvernement provincial.

Exposés au froid, les orignaux infestés, surtout les plus jeunes, ne réussissent pas à survivre à l’hiver.

Selon M. Sabine, deux périodes de l’année sont critiques pour les tiques d’hiver. S’il y a toujours de la neige au sol au moment où les femelles pondent leurs oeufs, en avril, plusieurs tiques vont mourir. En octobre et novembre, quand les larves de tiques tentent de s’attacher à une bête, elles sont à nouveau vulnérables au froid.

«Quand on a un printemps hâtif et un automne tardif, ce sont les pires années pour les tiques.»

L’équipe de M. Sabine effectuera des recensement aériens dans la province au cours des prochaines semaines. Ils permettront notamment de voir si plusieurs orignaux ont perdu leur fourrure en raison de tiques.

Elle évaluera ces données, ainsi que les informations provenant de la dernière saison de chasse et les collisions routières afin de calculer la population et la distribution des orignaux au Nouveau-Brunswick.

Les conclusions tirées à partir de cette évaluation permettront de déterminer le nombre de permis de chasse qui sera accordé en 2019.

Le ministère de l’Énergie et des Ressources dévoile le quota de chasse chaque année en mai. Depuis quelques années, le nombre global de permis accordés est stable ou légèrement à la hausse. Il est cependant à la baisse dans le sud de la province.

En tout, 4465 permis de chasse à l’orignal ont été alloués pour la saison 2018, qui s’est déroulée du 25 au 29 septembre.