Centre régional des générations de Caraquet: le lobbying est commencé

S’il n’en tenait qu’à la Ville de Caraquet, le nouveau Centre régional des générations serait probablement déjà en cours de construction. Mais comme il faut absolument une contribution du fédéral et du provincial dans ce projet évalué à 15 millions $, la période du lobbying est commencée.

Le maire Kevin Haché a fait savoir, lundi pendant la séance régulière mensuelle du conseil, que les démarches pour obtenir du financement d’Ottawa sont déjà en cours et que celles requérant la participation monétaire de Fredericton le seront très bientôt.

Déjà, la campagne de financement communautaire va bon train, avec plus de 1,4 million $ amassé en seulement quelques semaines, sur un objectif de 2 millions $. La Ville prévoit y mettre près de 3 millions $, laissant le reste de la facture à parts égales dans les mains des gouvernements Higgs et Trudeau.

«Nous sommes toujours dans le processus de finaliser le dossier et notre plan d’affaires pour le déposer aux gouvernements. On aimerait le faire avant le 15 février», a expliqué le maire.

Pourquoi si rapidement? Parce qu’il n’y a plus de chance à prendre avec l’actuel Colisée Léopold-Foulem, dont l’état soulève de nombreuses inquiétudes.

«Notre campagne de financement va très bien. Les gens nous approchent pour nous demander comment donner. C’est un engouement qu’on ne retrouve pas ailleurs. Ils veulent embarquer et les municipalités voisines ont déjà appuyé le projet. Nous avons vraiment quelque chose de bien», est convaincu M. Haché, qui souhaite le début des travaux avant la fin de son deuxième mandat à la tête de la ville, en 2020.

Cependant, l’élu est conscient qu’il faut bien vendre le projet, dans un contexte où les fonds publics sont davantage nécessaires en santé ainsi qu’en éducation et où les gouvernements cherchent à réduire les dépenses. Il estime que l’aspect communautaire du centre est un argument fort en faveur de la Ville.

Ce centre comprendra non seulement une nouvelle patinoire, mais aussi divers services connexes, comme une cuisine, un centre plein air, une piste de marche ainsi que des locaux de réunion.

«Ce que nous proposons n’est pas seulement pour Caraquet, poursuit M. Haché, qui n’est pas sans savoir que des élections fédérales sont prévues en 2019. C’est pour le Grand Caraquet. C’est aussi soutenable à long terme et ce n’est pas qu’un aréna. Les gens pourront y pratiquer des activités, ils seront donc plus en santé et iront moins à l’urgence. Il faut le voir avec une vue d’ensemble. Ce n’est pas qu’un aréna. On pense que ce sera difficile pour un gouvernement de ne pas embarquer quand la communauté est déjà d’accord.»

La Ville se prépare donc à être patiente – mais pas trop quand même, tient-on à préciser – et exigeante. Là-dessus, pas question de négocier à la baisse, prévient le maire.

«Si on commence à penser à laisser tomber certaines choses, on revient à un simple aréna. Et je ne suis pas certain qu’un projet d’aréna est soutenable pour une municipalité comme Caraquet. Il faut regarder ça différemment», croit M. Haché.

«Il faut être patient, mais il faut aussi mettre de la pression. Nous sommes déjà assez patients, car ça fait dix ans qu’on en parle», renchérit le directeur général Marc Duguay.