Campbellton: fini les échographies non urgentes en 2019

Des problèmes liés au manque de personnel affectent en ce moment la livraison du service d’échographie de l’Hôpital régional de Campbellton. Faute de personnel sur le plancher, les patients nécessitant une échographie non urgente sont priés de se rendre à Bathurst.

Les jours passent et se ressemblent dans le système de santé du nord de la province. Après les problèmes de livraison des services d’obstétrique à Bathurst et des soins palliatifs à Campbellton, c’est au tour du département d’imagerie diagnostique – plus précisément le secteur de l’échographie –, d’être frappé.

Citoyenne de Campbellton, Irène Doyle a passé un ultrason pelvien l’automne dernier à l’Hôpital régional de Campbellton. Par mesure préventive, son médecin a demandé à ce qu’un second ultrason ait lieu un an plus tard, à l’automne 2019. Mme Doyle a toutefois eu une surprise cette semaine lorsqu’une préposée de l’hôpital l’a contactée pour programmer son rendez-vous.

«Elle m’a indiqué qu’il n’y avait pas de disponibilité à Campbellton pour ce genre de tests non urgents, et ce, pour toute l’année 2019 parce qu’il y a un manque de technologues. Ils n’en ont pas, et n’en auront pas pour les prochains mois. On est seulement à la mi-janvier et on prévoit déjà ne pas avoir de personnel supplémentaire en poste pour tout le restant de l’année? C’est aussi invraisemblable que ridicule», lance-t-elle.

Ce qui irrite encore davantage Mme Doyle, c’est que faute de places disponibles à Campbellton, l’option qui lui est proposée est de subir ce test à l’Hôpital régional Chaleur.

«J’ai dit non merci! Ça ne m’intéresse pas du tout de me rendre là-bas», exprime Mme Doyle, notant qu’elle n’est plus tout à fait jeune.

«C’est une situation tout à fait inadmissible que de forcer nos citoyens à rouler plus de deux heures (aller-retour) pour passer un test de routine. Et tout ça, bien entendu à leurs frais, alors que nous avons un hôpital régional moderne dans notre cour, doté de tout l’équipement nécessaire», soupire la dame de Campbellton.

Selon Mme Doyle, cette situation met en lumière un problème sérieux, soit le recrutement et la rétention du personnel hospitalier.

«Je ne peux pas croire que s’il y a un ou des postes de technologues en échographie disponibles, on ne puisse pas les combler dans un délai raisonnable, d’une année. On a vraiment un problème sérieux sur les bras et ce sont les citoyens qui en payent le prix», exprime-t-elle.

Concours de circonstances

Au Réseau de santé Vitalité, on admet faire face en ce moment à un manque de personnel, une situation malheureuse qui survient à la suite d’une série d’événements hors du contrôle des gestionnaires.

Sur les trois postes à temps plein disponibles, le département ne peut en ce moment compter que sur une seule technicienne. Dernièrement, par exemple, une technologue a quitté pour suivre une formation en échocardiographie, un service actuellement sans technicien à Campbellton, mais qui sera de nouveau offert vers la fin mai.

«Nous avons aussi une candidate en formation pour l’échographie générale, mais cette dernière ne sera toutefois prête qu’en 2020. Nous sommes donc en ce moment à la recherche active d’une technologue à temps plein afin d’appuyer l’équipe, et c’est une denrée rare», indique Thomas Lizotte, porte-parole du réseau, avouant que les difficultés de recrutement ne se limitent pas qu’au personnel infirmier.

Celui-ci confirme d’ailleurs la note voulant que les patients du Restigouche nécessitant une échographie non urgente sont invités jusqu’à nouvel ordre à utiliser l’hôpital de Bathurst. L’Hôpital régional Chaleur n’ayant pratiquement aucune liste d’attente de ce côté, les patients sont généralement vus à l’intérieur d’une semaine.

«On sait que ce n’est pas l’idéal, et on comprend la frustration des gens. Mais d’ici à ce qu’un poste soit pourvu, nous sommes forcés de référer les cas non urgents à l’Hôpital régional Chaleur. Avec une seule technologue sur le plancher, on ne parvient qu’à fournir les cas urgences», souligne-t-il.

Ce dernier dit espérer que les patients du Restigouche seront en mesure de suivre cette recommandation et de ses rendre à Bathurst pour leur test.

«Ce serait bénéfique pour eux, car ils obtiendraient le service beaucoup plus rapidement, mais aussi pour nous puisque ça nous permettrait de réduire considérablement la liste d’attente au Restigouche d’ici à ce que la situation se stabilise», ajoute M. Lizotte.