Examen d’entrée: l’association des infirmières retire sa poursuite

L’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick retire sa poursuite en justice contre le commissaire aux langues officielles au sujet de son rapport sur l’examen d’entrée à la profession d’infirmière.

La chef des communications et des relations gouvernementales de l’Association, Jennifer Whitehead, a confirmé la nouvelle par courriel jeudi.

L’affaire devait être entendue vendredi au palais de justice de Fredericton.

L’Association des infirmières a décidé de ne pas commenter sa décision avant la semaine prochaine, a indiqué Mme Whitehead.

Il faudra également attendre à ce moment-là pour obtenir une copie de la réponse officielle de l’Association au rapport du commissaire, a-t-elle dit.

Le directeur général du Commissariat aux langues officielles, Hugues Beaulieu, a indiqué par courriel que le commissaire par intérim, Michel Carrier, était «heureux que l’AIINB ait mis fin aux procédures.»

M. Carrier n’a pas souhaité nous accorder d’entrevue sur ses discussions des dernières semaines avec l’Association des infirmières, préférant ainsi laisser «le soin à l’organisation de présenter les raisons de cette décision», a écrit M. Beaulieu.

Il a également précisé que le commissaire n’avait pas changé le contenu de son rapport à la suite des discussions avec l’Association en marge de ce recours judiciaire.

Dans son rapport d’enquête déposé en mai, l’ancienne commissaire aux langues officielles, Katherine d’Entremont, avait déterminé que l’examen d’entrée à la profession d’infirmière défavorise «nettement les candidats francophones» en raison de sa traduction inadéquate et du manque de ressources de préparation en français.

L’ordre professionnel s’était tourné vers les tribunaux en août pour faire invalider le rapport qui contenait «de nombreuses erreurs factuelles» à son avis.

En 2015, les associations professionnelles canadiennes à l’extérieur du Québec ont décidé d’adopter le test informatisé américain NCLEX-RN à titre d’examen d’entrée à la profession.

Les étudiantes en sciences infirmières de l’Université de Moncton et de plusieurs autres programmes en français connaissent depuis des taux d’échec beaucoup plus élevés à l’examen que leurs collègues anglophones.

Un groupe de travail a été mis sur pied par le gouvernement du Nouveau-Brunswick afin de trouver une solution à la crise.

Selon le porte-parole du ministère de la Santé, Bruce MacFarlane, les recommandations du groupe de travail devraient «bientôt» être présentées au gouvernement.

L’Association des infirmières fait toujours l’objet d’une poursuite de la part de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) pour sa décision d’adopter l’examen NCLEX-RN. Aucune audience n’est cependant prévue dans cette affaire pour le moment.

«Nous attendons avec impatience la réponse de l’Association au rapport du commissariat aux langues officielles», a déclaré le directeur général de la SANB, Ali Chaisson.