Trois entrepreneurs acadiens reçoivent 100 000$ des dragons

Trois bons amis. Une idée simple. C’est la recette du succès pour un trio acadien du Grand Moncton. En 19 mois, ils ont construit une compagnie aujourd’hui évaluée à 1,2 million $.

L’idée d’un morceau de vêtement révolutionnaire destiné aux sportifs qui aiment récupérer avec style est née en octobre 2016. Tuxy est alors créé.

«C’est né d’une passion pour un projet avec deux de mes meilleurs amis, Mario et Marcel LeBlanc, les cofondateurs de l’entreprise. On allait tout le temps au gym. On faisait beaucoup de sports, comme de la planche à neige et des expéditions plutôt extrêmes. On cherchait un morceau de vêtement qui serait idéal entre ces aventures, pour quand tu finis de faire de la planche ou pour se rendre du sofa au gym», a expliqué le président-directeur général de l’entreprise et cofondateur, Derek Martin.

Les mois ont passé. Les trois amis cherchaient à créer une grenouillère (onesie) fonctionnelle et haut de gamme. Ils ont d’abord tenté de la fabriquer eux-mêmes en fusionnant des pantalons à des chandails. C’était plus complexe qu’ils avaient envisagé.

Après avoir travaillé avec un designer de Montréal, un concept final est prêt en septembre 2017.

Le 15 novembre, une campagne de sociofinancement est lancée. Le succès est immédiat. Environ 1170 internautes investissent près de 182 500$ avec la promesse d’être parmi les premiers à obtenir un Tuxy en avril 2018.

En mai, l’entreprise avait envoyé plus de 2000 «onesies» aux quatre coins de la planète. Ils estiment en avoir vendu plus de 8000 jusqu’à maintenant.

«On a fait grandir notre entreprise avec succès en 2018. Maintenant que nous avons une entreprise établie, il faudra gérer notre croissance. On grandit très vite aux États-Unis. On grandit au Canada aussi, mais les États-Unis sont un plus gros marché», a expliqué M. Martin.

Le Tuxy n’est pas donné, à près de 190$ l’unité. Le prix de vente n’a cependant pas été un obstacle. Le trio voulait un produit de qualité qu’ils seraient eux-mêmes fiers de porter au gym ou en excursion de pêche.

«On ne voulait pas nécessairement convaincre des gens. On voulait créer un produit qu’on voudrait porter. On voulait porter quelque chose haut de gamme. On ne voulait pas quelque chose bon marché.»

Il faut dire que ces entrepreneurs ne se sont pas lancés aveuglément dans la création de leur nouvelle compagnie.

Au cours de la conceptualisation, ils ont interviewé 150 personnes pour créer «l’ultime onesie».

Le matériel du Tuxy est fabriqué expressément pour l’entreprise de Moncton et son assemblage est très complexe. Le vêtement est accompagné d’un sac pour le transporter lors des aventures de celui ou de celle qui le porte.

Tuxy a récemment embauché son premier employé et compte afficher un poste en marketing très bientôt. Le but est de créer une entreprise internationale basée à Moncton.

«Même si nous sommes une petite entreprise du Nouveau-Brunswick, notre but est d’être une compagnie globale basée à Moncton», a confié M. Martin.

L’équipe de Tuxy dans la tanière

L’équipe de Tuxy a présenté son produit aux investisseurs de la populaire émission de la CBC, Dragon’s Den, en mai. L’épisode a finalement été télédiffusé jeudi soir.

Le trio d’entrepreneurs acadiens devait garder le secret jusqu’au moment de la diffusion.

Ils ont proposé aux dragons un investissement de 100 000$ pour 8% de leur entreprise. Si l’idée d’une grenouillère (onesie) faisait a plutôt rire les dragons au départ, les arguments de l’équipe de Derek Martin les ont convaincus, mais non sans négociation.

Lane Merrifiels et Jim Treliving ont accepté d’investir chacun 50 000$ en échange de 5% de la compagnie chacun. Tuxy devrait donc recevoir un chèque de 100 000$ prochainement.

Cent mille dollars peut sembler bien peu pour une entreprise en démarrage. Ses fondateurs voulaient cependant garder le contrôle de leur destinée.

«C’est sûr qu’on aurait pu donner la moitié de notre entreprise pour 500 000$, mais ce n’était pas notre intention», a indiqué le président-directeur général, Derek Martin.

L’entreprise se porte bien par ailleurs. Tuxy est appuyé par Opportunités Nouveau-Brunswick et les fonds amassés lors de leur campagne de sociofinancement l’ont bien positionné. L’équipe cherche surtout à obtenir l’expertise des dragons pour conduire Tuxy à un autre niveau.

«Non seulement eux, mais aussi leur équipe. Ils disposent d’une équipe d’analystes qui gèrent les portfolios et tout ça. Leurs connexions peuvent ouvrir des portes. Vraiment, c’est une alliance qui a beaucoup de valeur pour nous.»

Les 12 prochains mois seront très importants pour Tuxy. Après avoir lancé des modèles pour les enfants et les femmes, de nouveaux produits seront dévoilés.

«En 2019, on va vraiment voir l’évolution de la compagnie et voir où on va», a confié M. Martin.

Tuxy est très actif sur les médias sociaux. Plus de 14 000 internautes suivent la marque sur Facebook. L’entreprise a lancé sa propre émission sur le réseau social où des personnalités du Nouveau-Brunswick sont interviewées.