Une friperie verra bientôt le jour à Caraquet

Les vêtements de seconde main auront une nouvelle utilité à Caraquet. Une friperie, qui se nommera Deuxième vie, ouvrira bientôt ses portes au centre-ville. La propriétaire, Claudine Léger, assure qu’il y a une forte demande dans la région.

À la différence de la banque alimentaire et vestimentaire Ami Soleil, située à une dizaine de kilomètres de là, à Bertrand, la friperie Deuxième vie se concentrera sur les vêtements pour femmes, hommes et enfants.

Une petite pièce a aussi été aménagée afin d’offrir plusieurs objets comme des jouets pour enfants, des livres ou des couvertures pour bébé, mais la grande partie du magasin servira la vente de vêtements usagés. Les prix se situeront entre 3 $ et 10 $ le morceau.

Ce n’est pas une première pour Mme Léger. Avant de partir vers l’Alberta, il y a dix ans, elle avait ouvert une friperie à Nigadoo, dans la région Chaleur.

Originaire de Maisonnette, elle a décidé de «réaliser à nouveau» son rêve lorsqu’elle est revenue s’établir dans sa région natale.

Le projet a été mis sur la glace quelques années, le temps d’obtenir les fonds nécessaires pour ouvrir la boutique.

«J’ai économisé beaucoup d’argent afin de mettre en œuvre ce projet. Je crois que j’ai fait le bon choix», a-t-elle indiqué, derrière le comptoir de la friperie.

La nouvelle propriétaire explique qu’une grande partie des sommes amassées par les ventes serviront uniquement à assurer le bon roulement du magasin, comme la location du local et l’achat de cintres.

«Je le fais pour aider la communauté. Il y a un besoin criant. Je ne fais pas d’argent avec ça», explique-t-elle.

Mme Léger va chercher directement les vêtements à Montréal, à Campbellton, à Petit-Rocher, à Edmundston et même dans l’État américain du Maine.

Pourquoi prend-elle la route pour collecter les vêtements? «Je vais chez mes connaissances, explique-t-elle. Ils me fournissent de beaux vêtements et font de belles trouvailles.»

Toutefois, elle accepte aussi les dons directement au magasin.

La friperie ouvrira bientôt, mais la date précise reste à être annoncée.

«Ça peut être le 1er février, comme le 1er mars. Pour l’instant, les gens peuvent venir donner des vêtements.»

Avec cette nouvelle friperie, elle ne souhaite pas mettre des bâtons dans les roues de la banque alimentaire Ami Soleil. Selon, Mme Léger, les deux organismes ne sont pas tout à fait similaires.

«J’ai ouvert l’endroit parce qu’il avait un besoin à Caraquet et dans la région, mais mon but n’est vraiment pas de venir entraver le travail d’Ami Soleil. Nous ne sommes pas une banque alimentaire ou vestimentaire», assure-t-elle.

«Si ça peut aider»

D’entrée de jeu, René Pinet, coordinateur à Ami Soleil, ne voit pas d’un mauvais œil l’arrivée d’une nouvelle friperie à Caraquet.

Il précise que l’important est d’aider les familles dans le besoin.

«Nous allons voir si l’ouverture aura un impact sur les dons reçus par notre organisme, mais pour le moment, on n’est pas en mesure d’avancer que c’est une mauvaise chose», précise-t-il.

M. Pinet ajoute que «l’important est d’avant tout aider les familles dans le besoin, et si l’arrivée de la friperie Deuxième vie peut combler un besoin, alors, pourquoi pas.»

Il précise lui aussi qu’Ami Soleil n’a pas tout à fait la même structure que la friperie. En plus d’être un programme du Centre de Bénévolat de la Péninsule acadienne, l’organisme à but non lucratif recueille les vêtements usagés de la région afin de les revendre à un faible coût. L’argent recueilli sert ensuite à acheter de la nourriture à des familles dans le besoin.

Chaque année, 325 familles de la région reçoivent au moins une fois l’aide de la banque alimentaire.

L’organisme est financé à partir de subventions provinciales et fédérales. Il peut également compter sur de généreux donateurs et les profits de la vente de vêtements.