Ambulance NB: un groupe de défense des anglophones veut intervenir

Un groupe de défense des droits des anglophones souhaite exprimer son point de vue au tribunal lors de la révision judiciaire d’une décision controversée concernant le bilinguisme des travailleurs paramédicaux.

L’Anglophone Rights Association of New Brunswick a déposé sa demande au palais de justice de Fredericton, jeudi.

L’Association souhaite obtenir le statut d’intervenant lors de la révision judiciaire de la décision de l’arbitre en relation de travail John P. McEvoy.

La demande, dont le journal a obtenu copie, est signée par le vice-président de l’Association, Parker Elliot. Elle doit être entendue par la cour mardi.

Dans l’affidavit qui accompagne sa demande, M. Elliot affirme que les conclusions de la cour pourraient s’avérer «discriminatoires» sans l’intervention de «groupes des deux langues officielles».

Selon lui, la convention collective des travailleurs paramédicaux a été signée «de bonne foi» par les parties et devrait être respectée «sans ingérence» de la part du système judiciaire.

L’Anglophone Rights Association demande aussi à la cour de retirer au commissaire aux langues officielles par intérim, Michel Carrier, le statut d’intervenant qu’elle lui a déjà accordé dans cette affaire.

Le groupe en a contre la décision du commissaire d’être représenté devant la cour par l’avocat Michel Doucet. D’après M. Elliot, Me Doucet risque de présenter une interprétation «biaisée» de la Loi sur les langues officielles en raison de sa longue carrière et de son expertise en droit linguistique.

«M. Carrier a l’obligation de promouvoir l’avancement des deux langues officielles. Ainsi, il doit représenter et promouvoir les droits des deux groupes linguistiques de façon égale lors de cette révision», écrit-il.

La participation de M. Carrier et de Me Doucet dans cette affaire «a créé une perception publique de partialité avant même le début de cette révision», affirme Parker Elliot dans son affidavit.

Une porte-parole de l’Association a indiqué au journal qu’elle n’accorderait pas d’entrevue aux médias avant l’audience.

L’audience sur la révision judiciaire est prévue jeudi.

En réponse à une plainte du syndicat des travailleurs paramédicaux, l’arbitre John McEvoy a déterminé qu’Ambulance NB ne pouvait pas faire passer ses obligations linguistiques avant l’ancienneté de ses employés.

M. McEvoy a ordonné à l’agence de réviser ses exigences linguistiques à la baisse pour permettre à certains travailleurs paramédicaux unilingues d’occuper des postes désignés bilingues.

Le commissaire Carrier est d’avis que cela va à l’encontre de la Loi sur les langues officielles et de la Charte canadienne des droits et libertés qui oblige le gouvernement du Nouveau-Brunswick à offrir des services de qualité égale aux deux communautés linguistiques sur l’ensemble de son territoire.

Le gouvernement du premier ministre Blaine Higgs a décidé récemment de mettre en oeuvre la décision McEvoy tout en demandant à la cour de trancher la question.

L’Anglophone Rights Association,affirme que l’obligation d’avoir au un moins travailleur paramédical bilingue dans chaque ambulance contribue à la pénurie de paramédics.

Cette obligation est d’ailleurs inutile, selon Parker Elliot, puisque les travailleurs paramédicaux sont «parfaitement formés» pour traiter leurs patients «sans avoir l’avantage de la parole».

Avant l’application de la décision McEvoy, les travailleurs paramédicaux unilingues qui occupaient des postes désignés bilingues sur une base temporaire en raison du manque de main-d’oeuvre courraient le risque d’être remplacés à l’arrivée de nouveaux paramédics ayant les qualifications linguistiques requises.

«La façon dont le gouvernement traite nos travailleurs paramédicaux unilingues dévoués est inacceptable», mentionne M. Elliot.

À l’occasion du 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, l’Association a reçu de ses membres le mandat de prendre des «mesures énergiques» (strong actions) pour défendre les anglophones qui ont été «sous représentés ou pas du tout représentés dans à peu près tous les aspects» de cette loi, écrit le vice-président dans son affidavit.