Tempête: inondations dans le Sud, 40 cm de neige dans le Nord

Les écoles fermées, des routes enneigées, des rues inondées et des pannes d’électricité. Le réveil au lendemain de la tempête hivernale de dimanche a été brutal pour bien des Néo-Brunswickois.

La région Chaleur a reçu la plus grande quantité de neige de cette tempête. Environnement Canada estime que la région a reçu de 32 à 48 cm. La Péninsule a aussi écopé avec 41 cm et des rafales à 100 km/h. Edmundston a été ensevelie sous 40 cm.

Dans le sud de la province, les précipitations sont surtout tombées sous forme de pluie. Le Grand Saint-Jean a, par exemple, reçu 15 cm de neige et beaucoup de pluie. En incluant la neige, la région a reçu de 80 à 100 mm de précipitations. La tempête a laissé 20 cm de neige dans le Grand Moncton avant de déverser plus de 30 mm de pluie. Le scénario est semblable à Fredericton.

Lundi matin, toutes les écoles de la province et les campus de Shippagan et Edmundston de l’Université de Moncton sont restés fermés pour la journée. Peu avant 10h lundi matin, plus de 2500 clients d’Énergie NB étaient privés d’électricité. À 15h, 1700 abonnés avaient été rebranchés.

Par ailleurs, plusieurs vols ont été annulés ou retardés à l’Aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton.

Les conditions routières étaient périlleuses au lendemain de la tempête. Si les routes étaient enneigées dans le nord de la province, elles étaient inondées dans le sud. Les équipes des voiries municipales devaient se précipiter à nettoyer le réseau routier avant que toute cette eau gèle. Les températures ont effectivement grimpé jusqu’à 12 degrés dans la nuit de dimanche à lundi avant de redescendre sous le point de congélation.

La tempête a entraîné la fermeture de plusieurs routes provinciales dimanche. La majorité a été rouverte à la circulation par le ministère des Transports lundi matin, mais s’y aventurer était toujours déconseillé. À 10h, la circulation sur les routes 108 et 180 n’était toujours réservée qu’aux véhicules d’urgence. Elles ont été rouvertes plus tard dans la journée.

Environnement Canada a enregistré neuf heures de pluie verglaçante dans la vallée de Kennebecasis, entre Moncton et Saint-Jean.

À Dieppe, des résidents n’ont pas été en mesure de se rendre au travail lundi matin, leur rue étant submergée. C’est le cas de Scott Laskey et des résidents de trois autres habitations de la rue Richard.

M. Laskey a eu toute une surprise lorsqu’il a tenté de se rendre au travail à 3h45 au petit matin.

«Je me suis réveillé à 3h. Il neigeait à ce moment-là. Honnêtement, je croyais que c’était de la glace. J’ai essayé de sortir de mon stationnement vers 3h45, mais l’eau atteignait mon pare-choc», a-t-il confié à l’Acadie Nouvelle.

Des employés de la municipalité ont travaillé jusqu’à 14h pour permettre à l’eau de s’évacuer. La Ville de Dieppe lui aurait expliqué qu’un drain aurait gelé en raison de la chute rapide des températures.

«L’heure est au nettoyage, une opération qui pourrait prendre encore quelques jours de travail», a confié Julie Albert, porte-parole de la Ville de Dieppe.

Les équipes de la cité acadienne étaient à dégager les puisards pour permettre l’évacuation de l’eau en plus d’ajouter du sable sur les routes pour améliorer la traction. Les températures sont trop basses pour que le sel puisse bien fonctionner.

Dans la ville voisine, Moncton, on dénombre 55 inondations. La porte-parole de la municipalité, Isabelle LeBlanc, affirme que les équipes de la voirie travaillent le plus rapidement possible afin de résoudre la situation.

«On travaille aussi à gratter les rues, à épandre du sel et à dégager les trottoirs. Tout ça se fait le plus rapidement possible avant que la température dégringole à -14 degrés mardi matin», a expliqué Mme LeBlanc.

Le nettoyage doit d’ailleurs se faire rapidement puisqu’une autre tempête approche. Environnement Canada prévoit beaucoup de pluie jeudi. MétéoMédia anticipe de 30 à 40 mm.

«On surveille ça maintenant. Le système de jeudi pourrait apporter des quantités de pluie importantes presque partout dans la province. C’est encore un peu tôt pour avoir tous les détails par contre», a précisé Jill Maepea, météorologue pour Environnement Canada.

Patineurs coincés

À Saint-Jean, il y avait de l’eau jusqu’aux genoux dans certaines rues, dimanche.

«À cette période de l’année, l’eau n’a nulle part où aller et si les drains sont bouchés, l’eau monte. Cela a entraîné l’évacuation d’un immeuble et plusieurs voitures ont dû être abandonnées dans les rues», a déclaré Geoffrey Downey, porte-parole de l’Organisation des mesures d’urgence du Nouveau-Brunswick.

De nombreux patineurs artistiques, qui participaient au Championnat canadien, sont restés coincés dans la ville.

Plus de la moitié des vols en partance de l’aéroport ont été annulés en raison des conditions météorologiques.

Les championnats canadiens ont réuni entre 400 et 500 personnes – patineurs, entraîneurs, officiels et divers membres du personnel. Beaucoup ont été forcés de prolonger leur séjour, car ils cherchaient des vols reprogrammés.

«Nous avons un nombre limité de vols et on ne sait toujours pas combien d’avions vont partir et quand», a déclaré Terry Sheahan, directeur principal du marketing et des événements pour Patinage Canada.

  • Avec des extraits de la Presse Canadienne