Dettes ou REER: un choix difficile

Le lundi bleu. C’était le 21 janvier. Le jour le plus déprimant de l’année, paraît-il. Ce n’est peut-être qu’un terme de marketing, mais il n’en reste pas moins qu’il s’agit du moment où les factures du temps des Fêtes entrent et où on doit songer à produire sa déclaration d’impôt.

Entre payer les dettes accumulées sur les cartes de crédit durant les Fêtes et penser à investir dans un RÉER pour éviter d’avoir à payer de l’impôt au gouvernement fédéral, ou en payer moins, le choix peut s’avérer difficile.

Pour Daniel Bergeron, directeur de la gestion du patrimoine pour Uni Coopération financière, c’est une question d’équilibre.

«Tout doit être balancé. Chaque cas est différent. Si on a un niveau d’endettement très prononcé, il faut penser à payer ses dettes en premier lieu, mais sans négliger les plans à long terme parce que par la suite, il faudra se rattraper», explique celui qui compte 26 ans d’expérience dans le domaine de la gestion financière.

Kristi Neilsen, une syndique principale pour Grant Thornton au Nouveau-Brunswick, abonde dans le même sens. Que ce soit pour investir dans votre retraite ou réduire vos dettes, il faut prendre du recul et bien analyser sa situation tout en prenant du temps pour soi.

«Il n’est jamais trop tard pour commencer ou recommencer à investir. Il faut faire une chose à la fois. La première étape, c’est de déterminer la somme de ses dettes. Il faut connaître le montant dû et savoir quand les paiements mensuels doivent être faits. Il faut penser à une chose à la fois pour se sentir en contrôle», a-t-elle expliqué à l’Acadie Nouvelle.

Avant d’atteindre un seuil où vous êtes dépassés par les taux d’intérêt et par votre niveau d’endettement, il est nécessaire de mettre de l’ordre dans vos finances. Malheureusement, ça ne s’apprend pas à l’école.

«Il y a beaucoup d’outils en ligne pour savoir comment préparer un budget et connaître les premières étapes parce que ce n’est pas quelque chose qui est enseigné à l’école. Pourtant, c’est tellement important», a souligné Mme Neilson.

Planifier sa retraite

On peut obtenir des des renseignements en ligne, mais on peut aussi consulter un planificateur financier pour établir un budget et planifier sa retraite, à 25 ans comme à 50 ans.

«Avant de se retrouver dans une situation difficile, il faut prendre du recul et établir un budget. Les gens sont très impulsifs dans leurs achats. C’est plus facile à dire qu’à accomplir, mais je pense que c’est important de le répéter qu’il faut faire un budget», a indiqué M. Bergeron.

«C’est important d’en parler parce que c’est plus facile d’aborder une situation délicate en sachant qu’on n’est pas seul avec ça. Il faut en parler avec les gens avec qui on partage notre vie et aussi à un professionnel», a ajouté Mme Neilson.

Un coup l’endettement bien maîtrisé, il est impératif d’investir dans sa retraite. Encore là, ça se fait petit à petit.

«Il faut changer notre façon de penser. Je peux mettre 5$ de côté chaque deux semaines et me faire du café à la maison le matin plutôt qu’aller en acheter», a donné comme exemple Mme Neilson.

«Payez-vous en premier lieu. Investissez dans votre retraite!», lance de son côté le directeur de la gestion du patrimoine chez Uni.

Plusieurs employeurs offrent un régime de retraite à leurs employés, mais c’est de moins en moins vrai avec l’augmentation du nombre de travailleurs autonomes.

«Maintenant, c’est plutôt la responsabilité des individus de mettre de l’argent de côté», avance Daniel Bergeron.

Le RÉER reste le «véhicule» par excellence pour investir dans sa retraite, dit-il. Plutôt que d’y mettre de l’argent durant les deux premiers mois de l’année seulement, il encourage les gens à le faire douze mois par année.

Par ailleurs, Uni Coopération financière planifie une diffusion en direct sur Facebook le 29 janvier à 18h afin d’aider les internautes à mieux comprendre les RÉER, entre autres.

Des experts en planification financière, dont M. Bergeron, répondront aux questions des internautes.