À quoi aurait pu ressembler une église rénovée à Bas-Caraquet?

Même si l’église Saint-Paul de Bas-Caraquet n’est plus qu’un amas de pierres et de poussières, l’exposition «Rêver le patrimoine acadien» donne une bonne idée, non sans un brin de nostalgie, de ce que les citoyens auraient pu réaliser avec les murs du bâtiment religieux et patrimonial incendié en juin.

Les projets imaginés par 15 étudiants de 2e année de la Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design de l’Université Laval, à Québec, sont actuellement en montre au Club des 50+ de Bas-Caraquet et de Pokesudie.

En plus des croquis et des photos, les visiteurs pourront voir des maquettes construites par les étudiants de l’enseignant Mathieu Boucher-Côté.

«Pour nous, c’est un beau cadeau servi sur un plateau d’argent. On ne savait pas que nous aurions les maquettes. C’est une belle surprise», a confessé Lucie LeBouthillier, présidente du Comité de sauvegarde de l’église Saint-Paul lors du vernissage de l’exposition, jeudi soir, devant une trentaine de personnes.

Malgré la démolition de l’église en début d’année, Mme LeBouthillier est persuadée que ce travail ne sera pas inutile.

«Rien n’est perdu. On espère que ça va semer une graine quelque part et toucher un autre édifice patrimonial à conserver en Acadie. C’est un petit héritage de notre combat qui a néanmoins permis de donner cinq ans de vie de plus à notre église», a-t-elle ajouté, en signifiant que cette exposition mettra officiellement fin aux activités du comité.

Selon Mathieu Boucher-Côté, les étudiants ont grandement aimé travailler sur ce projet pendant 15 semaines. Il se dit extrêmement satisfait des 15 exemples de mises en valeur des caractéristiques architecturales d’un morceau du patrimoine acadien.

Certains projets sont éclatés, d’autres sont plus réservés. Les étudiants ont touché à tout. Il y a des concepts religieux, des bibliothèques, des lieux de retraite, des salles communautaires et d’événements, des lieux funéraires.

«Ils ont réalisé la valeur de ce que l’on a et de ce que l’on est. Ce que nos ancêtres ont construit, il faut en prendre soin et si ça peut aider le comité à mieux vivre le deuil de l’église, tant mieux, même si ce n’était pas le but de notre travail. Nos ancêtres avaient une vision en bâtissant cette église. À notre tour, nous devons avoir une vision sur ce qui définit l’Acadie. Voilà pourquoi ce projet est utile», a expliqué l’enseignant.

L’exposition sera ouverte au public du jeudi au dimanche, de 13h à 16h30, jusqu’au 6 février.