Examen d’entrée des infirmières: le commissaire aux langues officielles ferme le dossier

Après des mois de mutisme dans ce dossier, l’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick sort de son silence pour défendre l’examen controversé d’accès à la profession.

En mai dernier, la précédente Commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d’Entremont, a déterminé que l’Association des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick (AIINB) avait enfreint la Loi sur les langues officielles en adoptant un examen «qui défavorise nettement les candidats francophones».

L’enquête faisait suite au dépôt de deux plaintes visant l’AIINB. Katherine d’Entremont avait conclu qu’il existe «un écart considérable» entre les ressources disponibles en français et en anglais pour aider les candidats à se préparer. Elle recommandait notamment que toute traduction de l’examen soit faite pas un traducteur agréé.

Depuis le dépôt du rapport, l’association a systématiquement ignoré les demandes des journalistes.

L’ordre professionnel s’était tourné vers les tribunaux en août pour faire invalider le rapport qui contenait «de nombreuses erreurs factuelles» à son avis. Il dénonçait aussi «une enquête incomplète et partiale».

Le 7 janvier, l’organisme de réglementation de la profession a envoyé au Commissariat une réponse officielle d’une dizaine de pages.
Si l’association reconnaît que les ressources commerciales sur le marché sont bien plus nombreuses en anglais, elle estime que «tout le matériel préparatoire que l’organisme de réglementation considère comme nécessaire est offert en anglais et en français.»

«L’AIINB est en désaccord avec le fait que ses obligations en vertu de LLO exigent qu’elle choisisse ou modifie son choix d’examen en fonction des ressources commerciales publiées par des tierces parties», peut-on lire dans le document.

L’organisme avance que les taux d’échec plus élevés parmi les candidats francophones sont «attribuables à des variables autres que la langue». Il affirme que ce phénomène est surtout lié aux critères d’admission du programme, au contenu du programme, aux compétences linguistiques des candidats, à leur réussite universitaire, et au fait qu’ils aient consulté ou non le plan de l’examen.

L’AIINB fait également valoir qu’à sa demande, le fournisseur de l’examen offre depuis juillet 2018 un examen de simulation bilingue comportant une banque de 125 questions provenant d’anciens examens et un tutoriel.

Un terme à l’enquête

Dans une lettre datée du 10 janvier, le commissaire aux langues officielles par intérim, Michel Carrier, annonce à l’AIINB la fermeture du dossier d’enquête.

«Nous considérons maintenant le dossier comme étant clos», écrit-il.

Il rappelle que le rapport ne mettait pas en cause la qualité de la traduction et prend note des efforts de l’association en faveur d’un examen de simulation bilingue.

«Nous saluons cette mesure et nous vous encourageons à poursuivre dans cette voie. Tout en reconnaissant ces progrès, nous estimons que la question de l’écart quant aux ressources préparatoires commerciales à l’examen en anglais et en français demeure entière.»

Sept jours après la réponse de M. Carrier, l’Association a retiré sa poursuite en justice contre le commissariat aux langues officielles.

L’Association des infirmières fait toujours l’objet d’une poursuite de la part de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) pour sa décision d’adopter l’examen NCLEX-RN.

De son côté, la direction de l’Université de Moncton réclame que l’examen actuel, développé aux États-Unis, soit remplacé par un examen bilingue et canadien.