Foire brayonne: «C’est le temps d’un renouveau»

Une rencontre publique tenue lundi soir au Centre Jean-Daigle d’Edmundston a sans doute permis d’assurer la survie de la Foire brayonne.

La présentation de l’événement estival est remise en question en raison d’un manque de bénévoles, de l’absence d’un comité de direction fonctionnel et d’une situation financière plutôt précaire.

Plus de 75 personnes ont répondu à cet appel ultime lancé afin de relancer le festival qui est menacé de disparition après 40 années d’existence dans le paysage culturel du Madawaska.

Réunis en différents groupes de discussions, les participants ont signifié d’une voix quasi unanime leur désir de présenter une Foire brayonne écourtée, soit sur deux ou trois jours, au plus.

«La situation est maintenant idéale pour réinventer notre festival pour les 40 prochaines années, a affirmé Michel Nadeau, le directeur du Service des loisirs et sports de la Ville d’Edmundston.

«C’est le temps d’un renouveau. C’est aux gens de décider dès maintenant de quelle façon ça se fera», a pour sa part indiqué la sénatrice Pierrette Ringuette, qui était à la tête de la Foire brayonne au début des années 1980.

Les participants à l’importante rencontre ont aussi souligné l’importance d’avoir un apport plus important en bénévoles et de valoriser le rôle de ceux-ci dans l’organisation de l’événement.

«La Foire est la façon pour nous de montrer qui l’on est, parce que les Brayons sont uniques et qu’un événement comme ça il n’y en a pas ailleurs!», a lancé Don Plourde, un résident qui croit que la relance du festival d’été est plus que nécessaire.

L’assainissement des finances de l’organisme, qui cumule un manque à gagner d’un peu plus de 3000$, figure également à l’agenda d’un nouveau comité organisateur qui a été désigné à la toute fin de la rencontre qui aura duré près de trois heures.

Le nouveau comité se rencontrera très prochainement dans le cadre d’une réunion qui servira à élaborer les grandes lignes de la programmation 2019 de l’événement qui approche à grands pas.

L’idée de tirer un trait une bonne fois pour toutes sur la Foire brayonne a été écartée du revers de la main par une vaste majorité de personnes ayant pris part à cette réunion de survie.

Les participants ont plutôt souligné dans l’ensemble que l’événement est rassembleur, génère d’intéressantes retombées économiques et fait rayonner la fierté brayonne à l’extérieur du Madawaska.

Un événement riche en histoire

Peu importe s’il y a ou non présentation cet été d’une 41e Foire brayonne, l’événement aura certes contribué à façonner une partie de la petite histoire contemporaine d’Edmundston.

La mascotte Typique, le Party du parking, la chanson-thème interprétée une première fois en 1979 par le chanteur Albert Belzile, les ployes servies à la tonne et les multiples prestations musicales livrées en plein air par des artistes de renom demeurent dans la mémoire de ceux qui ont assistés au festival au fil des ans.

En 40 années de présentation, la Foire brayonne a attiré plus d’un million de visiteurs.

L’événement est encore à ce jour considéré comme l’un des plus grands festivals francophones à se dérouler à l’est de la Ville de Québec.

La liste des artistes qui ont eu l’occasion de monter sur scène depuis l’été 1979 dans le cadre de la Foire est assez longue et bien garnie Céline Dion, The Box, Les BB, Roch Voisine, Éric Lapointe, Kevin Parent, Beau Dommage, Moist, Claude Dubois, Les Classels, Marjo, Glass Tiger, Les Trois Accords, La Chicane, Marie Mai et les Cowboys Fringants…

Une recette gagnante

Trouver les ingrédients parfaits pour assurer, année après année, la réussite de la Foire brayonne n’est pas toujours une mince tâche.

L’événement a toujours besoin de nombreux bénévoles prêts à s’investir durant quelques heures ou même durant plusieurs semaines, dans le cas de personnes qui siègent au comité de direction.

Les dernières semaines auront démontré qu’on ne se bouscule pas aux portes du festival afin d’offrir son temps et son énergie pour ce rassemblement de la fierté brayonne.

Dame Nature a elle aussi son mot à dire. Une pluie abondante, par exemple, aura tôt fait de vider les sites de ses visiteurs et d’assécher les coffres de l’organisation.

Quant à la programmation de la Foire brayonne, celle-ci peut s’avérer un véritable casse-tête lorsqu’il est question de plaire au plus grand nombre possible.

Nombreux sont ceux qui ont la critique facile en affirmant que l’accès aux spectacles est désormais trop dispendieux tout en réclamant du même coup la tenue de spectacles de plus grande envergure qui nécessitent d’importants déboursés pour l’organisation.

D’autres estiment au contraire qu’il faudrait revenir aux sources et prioriser le talent purement brayon dans le cadre de la programmation artistique.