Service d’obstétrique de Bathurst: le plan d’action n’a pas dévié

Le PDG du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne, a répondu aux critiques sur la réouverture du service d’obstétrique de Bathurst, en arrêt depuis bientôt trois mois, lors de son passage à Fredericton. Il assure que le plan d’action n’a pas dévié de sa trajectoire: la réouverture aura bel et bien lieu le 4 février, à moins d’une «surprise phénoménale».

En début de journée, hier, le président d’Égalité Santé en français, le Dr Hubert Dupuis, n’a pas mâché ses mots à l’endroit du président du Réseau de santé Vitalité.

Pour la première fois, le médecin a fait une déclaration sur la fermeture du service d’obstétrique de Bathurst. Depuis le 22 octobre, les femmes enceintes de la Péninsule acadienne doivent prendre la route vers Campbellton ou Miramichi pour accoucher.

Selon lui, cette situation «place les gens du Nord-Est en citoyen de deuxième classe dans leur propre province».

Le Dr Dupuis ne peut pas concevoir qu’un manque d’effectif soit au cœur du problème. Pour ce dernier, la population est devant «une nouvelle structure, visant à transformer et à moderniser les soins de santé, qui n’est pas efficace», et ce, en raison de la mauvaise gestion du groupe Vitalité et de son conseil d’administration.

«Rappelons que les jeunes mères de la Péninsule acadienne et de la région Chaleur doivent se rendre à Miramichi ou à Campbellton pour accoucher à plus d’une heure et demie de route, sur des chaussées glacées et souvent enneigées [..] C’est un service prioritaire, critique et essentiel le service d’obstétrique de Bathurst», mentionne-t-il.

Le message reste le même du côté du groupe Vitalité. M. Lanteigne avance que la fermeture de la clinique est attribuable aux problèmes de recrutement.

Un problème de main-d’œuvre généralisé dans plusieurs domaines, selon lui.

«Dans le domaine de la santé, comme dans le domaine de la pêcherie ou de la chasse, on est touché par ce manque à combler», explique-t-il.

M. Lanteigne ajoute que les imprévus sont au cœur du problème. Malgré l’élaboration d’un plan d’action, le PDG avance que certaines circonstances peuvent tout de même empêcher le bon fonctionnement du système.

«La vie parfois met sur le chemin des imprévus», a lancé le PDG lors de la mêlée de presse à Fredericton.

Vitalité a aussi demandé au personnel infirmier d’être plus «polyvalent» dans leurs tâches. Après la réouverture du service, la situation pourrait toutefois encore se présenter à nouveau, ce que veut éviter à tout prix le PDG de Vitalité.

«On veut se doter d’une stratégie proactive pour ne pas vivre encore une fois cet épisode».

  • Avec la collaboration de Mathieu Roy-Comeau