Jeux de la Francophonie: les organisateurs refusent de jeter l’éponge

Les organisateurs des Jeux de la Francophonie 2021 de Moncton-Dieppe ne jettent toujours pas l’éponge, malgré la décision du gouvernement provincial de leur tourner le dos.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a annoncé mardi le retrait de son gouvernement de l’organisation des Jeux. Comme Fredericton était l’un de ses principaux bailleurs de fonds, ce grand rendez-vous international semble plus que jamais voué à tomber à l’eau.

L’Acadie Nouvelle a contacté les organisateurs des Jeux, mercredi matin, pour recueillir leurs réactions à ce développement majeur.

La directrice des communications et du marketing de l’événement, Tracey Suley, nous a répondu qu’elle et ses collègues n’ont «pas l’intention de donner des entrevues».

Elle nous a cependant envoyé une déclaration écrite de la part du conseil d’administration du Comité national des Jeux de la Francophonie 2021 (CNJF).

Ce dernier est «très déçu» de l’annonce effectuée mercredi par Blaine Higgs et indique qu’il «aurait espéré une décision différente».

Il garde cependant espoir.

«Le CNJF croit toujours qu’il est possible d’organiser des Jeux qui fourniront des expériences de calibre international aux participants et participantes; auront des retombées économiques pour la province et les municipalités hôtesses; et consolideront la place du Nouveau-Brunswick et du Canada sur la scène internationale.»

La suite de la déclaration des organisateurs est intrigante, puisqu’elle fait référence (deux fois plutôt qu’une) à la tenue des Jeux non pas au Nouveau-Brunswick – qui a été officiellement désignée en 2016 afin d’accueillir les jeux – mais au Canada.

«Dans l’attente des prochaines étapes du gouvernement fédéral sur l’avenir des Jeux 2021 au Canada, nous demeurons tout aussi dévoués à leur succès et travaillerons avec Ottawa pour examiner toutes les options possibles pour favoriser la réussite des Jeux au Canada.»

Comme les organisateurs ne veulent pas nous accorder d’entrevue et qu’ils se tiennent loin des projecteurs – comme ils l’ont fait à plusieurs reprises depuis l’éclatement de la crise, en décembre – nous n’avons pas pu leur demander de préciser leur pensée.

Estiment-ils que les Jeux pourraient avoir lieu au Nouveau-Brunswick sans l’appui financier de la province? Ou qu’ils pourraient carrément être organisés ailleurs au pays? Nous n’avons pas pu leur poser la question.

Une chose semble plutôt claire, du moins si l’on se fie à leur déclaration: les organisateurs semblent croire que les Jeux de 2021 ne sont pas encore morts et enterrés.

Déception à Moncton et à Dieppe

Deux des partenaires financiers des Jeux, les municipalités de Moncton et de Dieppe, ont réagi en publiant des déclarations écrites, mercredi après-midi.

Les deux villes ont dit respecter la décision du gouvernement provincial, mais ont tenu à exprimer leur déception face à l’incapacité des partenaires des Jeux d’en arriver à une entente sur le financement.

Moncton a noté que les Jeux «auraient été le plus important événement jamais organisé dans notre région».

Ce grand rendez-vous international aurait eu des retombées importantes, selon les deux municipalités. Elles font d’ailleurs savoir que leurs portes respectives restent ouvertes.

«Nous demeurons dévoués à cet important projet et sommes ouverts à toutes discussions si d’autres options se présentent», a affirmé la Ville de Dieppe dans sa déclaration.

«Nous tenons à réitérer notre engagement envers la réalisation de ce projet de grande envergure, et nous demeurons prêts à discuter, si d’autres options devaient se présenter», lit-on dans celle de Moncton.