Du renfort pour entretenir le sentier de motoneige de Kedgwick

Un important maillon du réseau du sentier provincial de motoneiges dans le nord-ouest est fragilisé depuis trois semaines en raison d’un bris mécanique survenu sur sa seule surfaceuse.

L’année 2019 a bien mal commencé au club de motoneige de Kedgwick (041).

Sa surfaceuse ayant été victime d’un bris, il a été dans l’incapacité de damer ses 130 km de sentiers. N’eût été l’intervention des clubs voisins de Woodstock, de Moose Valley et de Timber Trail, qui ont chacun envoyé une dameuse en renfort, ceux-ci seraient toujours dans une bien piètre condition.

Depuis mardi en effet, les équipes sont à l’œuvre et le travail sur les pistes a porté ses fruits.

«C’est un beau geste d’entraide, on a répondu à l’appel d’un club vivant une situation particulière», exprime Brad Mann, président du Conseil canadien des organisations de motoneiges et président sortant de la Fédération des clubs de motoneiges du Nouveau-Brunswick.

Le club de Kedgwick est particulièrement important puisqu’il relie le Madawaska au centre du Restigouche et même à la région Chaleur.

«Ils sont situés au beau milieu du sentier 17, une portion très importante du sentier provincial», dit M. Mann, ajoutant qu’il s’agit d’un point névralgique – une porte d’entrée – pour les motoneigistes des États-Unis et du Québec.

Selon ce dernier, ce segment doit non seulement demeurer ouvert en tout temps, mais il doit aussi être bien entretenu. Car un touriste qui emprunte des sentiers cahoteux, en mauvais état, risque fort de ne pas revenir.

Les clubs qui sont venus prêter main-forte aux bénévoles de Kedgwick ont répondu à l’appel de la Fédération des clubs de motoneiges du NB. Celle-ci a mis sur pieds, il y a quelques années, un fonds d’urgence destiné à financer ce type d’opérations qui nécessitent des équipes d’intervention «mobiles».

L’opération ne consistait pas uniquement à damer les sentiers, mais aussi à faciliter leur accès. Car la tempête de verglas qui a frappé la région la semaine dernière a causé beaucoup de dommages aux arbres.

«Heureusement, des équipes de bénévoles locaux ont coupé les branches qui pendaient dans les sentiers avant que les surfaceuses puissent faire leur travail», relate M. Mann.

Un prototype

Le problème au club de Kedgwick, c’est que la surfaceuse n’en est pas à son premier bris et certaines pièces sont rares, sinon uniques.

’autres bris – donc d’autres périodes sans surfaçage – sont anticipés par la direction.

La machine n’est pas tant utilisée, mais c’est un prototype. Une erreur coûteuse avec laquelle doit maintenant composer le club.

«Dès sa deuxième année d’utilisation, les bobos sont sortis. Cela fait en sorte qu’il faut des pièces pratiquement sur mesure lorsqu’il y a un bris, ce qui peut ralentir les opérations d’entretien pendant un bon moment», explique le président du club, Louis Tétrault.

Au moment de cette conversation, l’engin en question n’était toujours pas prêt, mais sa remise en marche était imminente.

Idéalement, le club aimerait pouvoir faire l’achat d’une autre surfaceuse, plus récente et plus fiable. Le hic, c’est que ces engins coûtent très cher et sont souvent hors de portée des clubs. Ou à tout le moins des petits clubs comme celui de Kedgwick.

«Nous sommes une petite communauté, c’est difficile d’aller chercher des fonds au niveau local», note M. Tétrault.

Celui-ci souhaiterait que le gouvernement investisse davantage dans l’industrie de la motoneige, une industrie qui rapporte plusieurs millions de dollars chaque année à la province.

Il croit aussi que la Fédération de clubs de motoneiges devrait revoir son mode de financement envers ses clubs affiliés.

«On reçoit du financement selon le nombre de membres. Le problème, c’est que beaucoup de motoneigistes du sud de la province adhèrent à leur club local, mais que c’est ici, dans le nord, qu’ils viennent surtout faire de la motoneige. On se retrouve donc avec un débalancement, des clubs avec beaucoup de membres, mais qui utilisent nos pistes. Ce serait mieux, selon moi, de diviser les revenus à parts égales entre les clubs. Avec plus de fonds, on pourrait certainement être en mesure d’améliorer nos équipements», indique M. Tétrault.

La saison jusqu’à présent…

Selon les observations de M. Mann, les nombreuses tempêtes de neige, les périodes de grands froids et le verglas connus jusqu’à présent n’ont pas semble décourager les touristes motoneigistes.

«Je dirais que l’impact s’est surtout fait ressentir au niveau des clubs. Ce sont leurs bénévoles qui ont dû travailler d’arrache-pied pour maintenir les pistes en bonne condition», exprime-t-il.

Pour ce qui est des touristes, ils semblent au rendez-vous jusqu’ici dans le nord de la province.

«Il a tellement neigé ici qu’on oublie que ce n’est pas vraiment le cas partout ailleurs. On est bombardé de motoneigistes du sud de la province, ainsi que de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard, et c’est très bon pour notre économie. Cela dit, c’est aussi un signe que l’on doit garder nos infrastructures en bonnes conditions si l’on veut conserver notre position dans le marché», dit-il.