Bernard Richard est le nouveau propriétaire du Moniteur acadien

L’ancien ministre et ex-ombudsman du Nouveau-Brunswick, Bernard Richard, est le nouveau propriétaire du Moniteur acadien. Les anciens propriétaires, Gilles et Edith Haché, tournent la page après 22 ans à la tête de l’hebdomadaire indépendant du Sud-Est.

La vente a été officialisée vendredi après-midi. Les propriétaires du Moniteur acadien – publication fondée à Shediac il y a plus de 150 ans – ont annoncé dans l’édition de mercredi que le journal changera de mains le 1er février.

«La continuité du journal a toujours été notre priorité. C’est dans cette optique que les négociations ont été menées avec le futur éditeur», ont-ils affirmé en remerciant les journalistes, les entreprises et les lecteurs qui appuient la publication.

Pour Bernard Richard, le Moniteur acadien est un outil indispensable pour les francophones du Sud-Est. Il explique qu’il n’était tout simplement «pas prêt à le voir fermer ses portes».

«On vit un moment où beaucoup d’Acadiens sont inquiets par rapport aux langues officielles et à la francophonie. On vient de perdre les Jeux de la Francophonie. On vient d’élire un premier ministre qui a déjà été candidat à la chefferie du parti CoR, et qui est maintenu au pouvoir par un parti qui n’est pas très favorable au bilinguisme officiel. En Ontario, comme ici, comme ailleurs, on fait face à plusieurs défis.»

«On ne peut pas se permettre de perdre un outil comme le Moniteur acadien.»

L’équipe qui produit le Moniteur acadien chaque semaine reste inchangée. L’une des priorités de M. Richard était de s’assurer qu’il n’y ait aucune rupture dans la publication du journal.

Il compte investir de l’énergie afin de s’assurer que l’hebdomadaire soit solide sur le plan financier. Ensuite, il s’attaquera «par les petits» au contenu et à la page éditoriale afin qu’ils répondent aux attentes et aux besoins des lecteurs.

«J’y vais très sobrement. Je sais qu’il y a de grands défis dans le monde de l’édition. C’est vrai pour tous les journaux, et les petits journaux comme le Moniteur acadien ne font pas exception. C’est un défi, mais c’est un journal qui a été fondé en 1867, qui a eu des hauts et des bas.»

Bernard Richard a des racines profondes dans le sud-est du Nouveau-Brunswick. Il a lancé sa carrière en politique à Cap-Pelé dans les années 1970 en étant élu comme conseiller municipal. En 1991, il a été élu en tant que député provincial de la circonscription de Shediac-Cap-Pelé sous la bannière libérale.

Les années suivantes, il a été nommé ministre de l’Éducation et ministre de la Justice du Nouveau-Brunswick. Au début des années 2000, il a joué le rôle de chef de l’Opposition du Nouveau-Brunswick, ensuite leader parlementaire, puis critique des finances. En 2004, il devient ombudsman du Nouveau-Brunswick.

M. Richard a été nommé représentant de l’enfance et de la jeunesse de la Colombie-Britannique, en novembre 2016, poste qu’il a occupé jusqu’en août dernier. Il est retourné au Nouveau-Brunswick pour des raisons familiales. Il a accepté un contrat de deux ans au sein de l’Agence mi’kmaq des enfants et de services familiaux, organisme qui offre des services à sept des neuf Premières Nations mi’kmaq du Nouveau-Brunswick.

Bernard Richard célébrera son 68e anniversaire de naissance en avril.

… et est du projet de l’Assemblée nationale de l’Acadie

L’ancien ministre provincial Bernard Richard et le professeur de droit Pierre Foucher participeront au projet de l’Assemblée nationale de l’Acadie (ANA).

L’instigateur de l’ANA, Daniel LeBlanc, en a fait l’annonce jeudi par voie de communiqué. Ses deux nouveaux collaborateurs coprésideront la première commission à être mise sur pied, soit celle sur la gouvernance.

La commission aura le mandat d’étudier et de proposer, d’ici l’automne 2020, un modèle de gouvernance régionale pour les Acadiens des provinces de l’Atlantique. Ses travaux commenceront au cours des prochaines semaines.

Bernard Richard a été député et ministre provincial dans les gouvernements de Frank McKenna et de Camille Thériault dans les années 1990. Il a par la suite été ombudsman et défenseur des enfants du Nouveau-Brunswick. Il aussi été le représentant de l’enfance et de la jeunesse de la Colombie-Britannique.

Quant à Pierre Foucher, il a été professeur à la Faculté de droit de l’Université de Moncton de 1980 à 2008. Ce spécialiste du droits constitutionnel et des droits linguistiques enseigne présentement le droit à l’Université d’Ottawa.

Le projet d’Assemblée nationale de l’Acadie a été mis sur les rails à la fin novembre par Daniel LeBlanc, qui a entre autres été le directeur général fondateur des Sentinelles Petitcodiac.

Cette initiative vise à développer un nouveau modèle de gouvernance qui comprendra notamment une assemblée élue.