Déficit zéro: Melanson applaudit, mais veut des détails

Roger Melanson applaudit l’atteinte du déficit zéro plus tôt que prévu par le gouvernement Higgs, mais se garde quand même une petite gêne en attendant le premier budget des progressistes-conservateurs.

Dans son premier discours sur l’état de la province, prononcé jeudi soir à Fredericton devant la communauté d’affaires de la capitale, le premier ministre a sorti un lapin de son chapeau.

Il a alors annoncé que le déficit budgétaire pour l’année financière – qui avait été évalué à 131,4 millions $ (en baisse de 57 millions $) lors de la mise à jour du deuxième trimestre, au début décembre – a été complètement effacé.

Il a aussi indiqué que le budget de l’année 2019-2020, qui sera déposé le 19 mars, sera équilibré. Le retour à l’encre noire se fera donc un an plus tôt que promis par les progressistes-conservateurs et deux ans plus tôt que promis par les libéraux.

Le critique de l’opposition officielle en matière de finances, Roger Melanson, n’a pas hésité à applaudir cette annonce, vendredi après-midi lors d’une mêlée de presse dans son bureau de circonscription à Dieppe.

«Nous voulons être dans une situation où on ne doit plus emprunter des sous pour payer les besoins de tous les jours. Avoir un budget équilibré ou évidemment un surplus, c’est une bonne nouvelle», a dit cet élu libéral qui a été ministre des Finances dans le gouvernement Gallant.

Il note au passage que le budget de l’année 2018-2019 est le deuxième de suite à être équilibré. On se souvient qu’un modeste surplus avait été enregistré en 2017-2018 et annoncé en août par la vérificatrice-générale, peu avant le déclenchement de la campagne électorale.

Roger Melanson garde toutefois une certaine dose de scepticisme et veut attendre de voir ce que contiendra le premier budget du ministre des Finances, Ernie Steeves.

«Pourquoi? Parce que le premier ministre veut absolument avoir davantage de coupures et une période d’austérité. Soyons prudents, soyons aux aguets. Attendons de voir ce qui va être ces coupures et quels secteurs seront affectées.»

Il craint que le gouvernement Higgs procède à des compressions dans divers secteurs, notamment en santé, en éducation postsecondaire, dans l’entretien des routes et dans les soins aux aînés.

Roger Melanson lance d’ailleurs une mise en garde en citant l’avis des analystes torontois qui suivent de près les péripéties budgétaires du Nouveau-Brunswick.

Ces derniers ont dit à plus d’une reprise, notamment dans les pages de l’Acadie Nouvelle récemment, qu’il n’y a pas que l’équilibre budgétaire qui pèse dans la balance lorsqu’ils se penchent sur les cotes de crédit de la province.

«Je pense qu’il faut aussi retenir que les agences de crédit ont aussi dit que c’est une chose d’avoir un budget équilibré et que c’est essentiel. Mais il faut aussi regarder la colonne des revenus et l’activité économique. Et s’il y a beaucoup trop d’austérité, ça peut nuire à une croissance économique et ça peut nuire à notre capacité de générer suffisamment de revenus pour payer l’endettement et les responsabilités financières.»