Cette famille n’a pas mis d’ordures au chemin de l’hiver!

Le défi zéro déchet va bon train dans la région Chaleur. En quatre mois, les cinq familles de Beresford qui ont embarqué dans l’aventure ont déjà doublé leur objectif initial de réduction de déchets. Mais c’est une initiative qui exige de la créativité!

Selon les données compilées par la Commission des services régionaux, les citoyens de la région Chaleur produisent déjà moins de déchets que leurs concitoyens néo-brunswickois. Quelque 256 kilos de déchets par personne, par année, prennent la direction du dépotoir, comparativement à 285 kilos par individu pour l’ensemble de la province.

À Beresford, ce sont 266 kilos de déchets par personne.

Afin de conscientiser sa communauté sur l’importance d’éliminer le plus possible les déchets, Christophe Couverchel de l’Association Zéro déchet Chaleur a invité les citoyens, au mois de septembre, à relever un défi pour changer leurs habitudes de consommation. Cinq familles de Beresford se sont prêtées au jeu.

Les résultats sont, pour le moment, concluants. En fait, l’organisateur n’est pas loin de déclarer mission accomplie. Les résultats des familles sont non seulement bien en deçà de la moyenne de la région Chaleur pour les déchets, mais aussi de leur propre objectif de groupe.

«On pensait réduire de 30% le poids des articles recyclés et jetables. On est maintenant à 67% pour les articles recyclés et à 60% pour les matières jetables. On est dans la bonne direction», explique-t-il.

M. Couverchel estime que le moyen le plus efficace demeure le compostage à la maison.

«Et la question n’est pas de consommer moins, mais de consommer mieux», indique-t-il.

Sur son site internet, le Commission des services régionaux confirme qu’il est possible de réduire ses déchets de 15% par année, soit 150 kilos pour une famille de quatre personnes.

La famille Landry

La jeune famille de Isabelle Landry était hésitante à se lancer dans une telle aventure. Elle savait bien que c’était un pas dans la direction, mais que la route n’allait pas être de tout repos.

«Avec deux jeunes enfants, je savais ça allait être un peu plus difficile. Mais maintenant, je suis sûre de pouvoir continuer, même après la fin du défi», ajoute-t-elle.

Et avec raison. La famille est sur le point de sortir sa première poubelle de l’hiver. Elle n’a pas mis d’ordures au chemin depuis les premiers flocons de neige!

Le ménage a produit 3,5 kilos de déchets depuis le début de l’épreuve comparativement aux 27 kilos qu’il produisait en moyenne pour la même période. Pour les matières recyclables, ils ont diminué de 4 kilos à 450 grammes.

Pour la mère de famille, l’atteinte de l’objectif s’effectue un petit geste à la fois. Que ce soit par la réduction des portions, en passant par les épiceries en vrac, la famille apprend à s’adapter à un nouveau mode de vie.

Elle propose un autre truc pour réduire la consommation de déchets dans le domicile familial. «Il faut apprendre à refuser ce que nous n’avons pas besoin et modifier nos habitudes, explique-t-elle. Par exemple, j’ai laissé tomber les sacs en plastique refermable au profit du papier ciré que nous pouvons réutiliser.»

Comme l’organisateur, Mme. Landry insiste sur le fait que le compostage est le changement qui a le plus grand impact sur la réduction des déchets.

Surpris

Christophe Couverchel est surpris de ces chiffres, du succès obtenu par les participants. Surtout après le mois de décembre, le mois par excellence de la consommation.

«Avec Noël, et même l’Halloween en octobre, je pensais que la consommation des participants allait augmenter significativement. Les familles ont fait un grand effort pour respecter les consignes.»

Selon lui, instaurer un système de collectes des résidus alimentaires ne serait pas nécessairement la meilleure solution pour réduire notre empreinte écologique.

«Ce n’est pas une mauvaise idée en soit, mais il faut concevoir qu’un camion génère des gaz à effet de serre aussi. En ville, lorsqu’on n’a pas beaucoup d’espace, c’est une bonne idée. Mais ici, les maisons sont beaucoup plus espacées.»

Il est d’avis que l’initiative zéro déchet est plus simple à pratiquer dans les grands centres urbains. «Avec aucune épicerie zéro déchet dans la région Chaleur, c’est un défi supplémentaire.»

Plusieurs ateliers ont été organisés afin de sensibiliser et d’aider les familles dans leur cheminement. On a abordé les questions de l’organisation au quotidien, de la fabrication des produits ménagers, du compostage, de la cuisine, de la couture et de la conception cosmétique.

Le défi se termine à la fin mars. Après avoir compilé les résultats, l’organisation les rendra public pour prouver qu’il est possible de réduire ses déchets en région.

«Je me prépare déjà à présenter des données au conseil municipal de Beresford.»