Parti libéral: les prétendants à la chefferie annoncent peu à peu leurs couleurs

La course à la direction du Parti libéral du Nouveau-Brunswick se précise peu à peu, à l’approche du congrès. Un seul candidat est présentement sur les blocs de départ, mais d’autres sont en réflexion et pourraient se joindre à lui très prochainement.

Les libéraux s’apprêtent à partir en quête de celui ou celle qui succèdera à Brian Gallant, qui a annoncé son départ en novembre dernier après avoir été renvoyé dans l’opposition officielle par le tandem Higgs-Austin.

Le premier militant – et le seul pour l’instant – à dire sans ambiguïté qu’il souhaite devenir chef de la formation politique est René Ephestion.

Ce résident de Dieppe occupe présentement le poste de directeur général de la Maison Nazareth, un refuge pour sans-abris de Moncton. L’année dernière, il avait brigué sans succès la présidence de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick.

Évidemment, d’autres noms ont circulé. Certaines personnes ont lancé des ballons d’essai et mènent des consultations en coulisses.

Le candidat pressenti le mieux connu est sans l’ombre d’un doute Kevin Vickers, l’ancien sergent d’arme de la Chambre des communes, qui est présentement ambassadeur du Canada en Irlande.

Ce héros national originaire de Miramichi – qui a abattu un tireur qui avait fait irruption dans le Parlement en 2014 – a exprimé de l’intérêt dans la direction du Parti libéral à la fin décembre.

Kevin Vickers a relancé la machine à rumeurs la semaine passée en annonçant – à l’aide d’une publication Facebook dans les deux langues officielles – sa retraite et son retour au Nouveau-Brunswick le 2 mars.

D’autres libéraux – qui n’ont pas les mains liées par le devoir de réserve qui incombe aux ambassadeurs du Canada à l’étranger – affichent beaucoup plus ouvertement leur intérêt.

C’est le cas de Gaétan Pelletier, un organisateur libéral et entrepreneur de Charlo. En entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle, il rapporte qu’il est en réflexion et qu’il fera le point sur ses intentions mardi.

«Je suis en consultation avec les membres de l’Association (libérale du Nouveau-Brunswick). Je veux m’assurer que ma vision et ma philosophie du Parti libéral est la bonne», affirme-t-il

Cela dit, sa décision est pas mal prise. À moins d’un revirement, on peut s’attendre à ce qu’il se lance officiellement dès mardi.

«Je suis pas mal rendu à l’évidence que probablement que je vais me présenter, le 12 (février).»

Une autre libérale de longue date, Stephanie Tomilson, est elle aussi en réflexion. Cette directrice d’école s’est présentée aux élections de 2014 et de 2018 dans le château fort conservateur qu’est la circonscription de Rothesay.

«Comme vous pouvez le comprendre, c’est une grosse décision. Je suis encouragée par le nombre d’appels et de courriels qui me parviennent. C’est une décision familiale qui ne doit pas être prise à la légère. Le moment pourrait ne pas être le bon, il est donc important de faire une évaluation équilibrée des conditions. Lorsque ce sera fait, je prendrai ma décision», affirme-t-elle par courriel.

Lorsqu’on lui demande si elle est bilingue, Stephanie Tomilson répond qu’elle apprend le français depuis quatre ans.

«C’est un processus qui est lent, mais j’apprends. Je peux comprendre ce que je lis et la plupart de ce que l’on me dit», dit-elle en ajoutant qu’elle pratique constamment sa maîtrise de la langue orale et qu’elle suit des cours chaque semaine.

De grosses pointures libérales ont quant à eux décidé de ne pas se présenter cette fois-ci.

Dans ces rangs, on retrouve entre autres Susan Holt (candidate libérale dans Fredericton-Sud en septembre), Roger Melanson (député de Dieppe), Wayne Long (député fédéral de Saint-Jean-Rothesay), Cathy Rogers (députée de Moncton-Sud) et Brian Kenny (député de Bathurst-Ouest-Beresford).

20 000$ pour se lancer officiellement dans la course

Le Parti libéral du Nouveau-Brunswick a dévoilé les règles du congrès à la direction, jeudi.

Les militants intéressés ont jusqu’au 29 mars pour déposer leur dossier de candidature, qui doit contenir au moins 50 signatures de membres en règle du Parti.

Ils doivent aussi verser la rondelette somme de 20 000$ (non remboursable en cas d’abandon) et obtenir la bénédiction d’un comité du «feu vert». Les participants à la course devront s’assurer que le budget de leur campagne ne dépasse pas les 200 000$.

Le congrès aura lieu les 21 et 22 juin au Saint John Trade and Convention Centre à Saint-Jean.

Chacune des 49 circonscriptions de la province aura le même poids, sans égard au nombre de membres. Le vote sera effectué électroniquement (sur le web ou au téléphone).

Comme les membres seront invités à voter à l’aide d’un bulletin préférentiel, on n’assistera pas à des jeux de coulisses entre les tours comme ce fut le cas lors du dernier congrès à la direction du Parti progressiste-conservateur.

Les résultats seront connus le 22 juin en après-midi.

Dans les règlements du congrès, le Parti libéral indique d’ailleurs que si des élections sont convoquées avant le congrès, ce qui est «improbable» selon lui, son bureau de direction  décidera – en consultation avec le conseil d’administration, le caucus et les candidats à la direction – la marche à suivre.

Il pourra entre autres modifier ou annuler la course à la direction et même «nommer un chef pour l’élection» s’il le souhaite.