Le Congrès de la pomme de terre demeure un incontournable pour l’industrie

À travers maintes discussions sur la croissance, l’innovation, la qualité des sols et le contrôle des maladies, le Congrès de la pomme de terre et l’exposition commerciale du Nouveau-Brunswick s’avère toujours un indispensable pour cette industrie bien d’ici qui continue de faire figure de chef de fil à travers le monde.

Près de 300 personnes et une trentaine d’exposants ont pris part à la rencontre annuelle tenue jeudi au Centre AYR Motor, à Woodstock.
Celle-ci rassemblait des producteurs agricoles, des scientifiques de tout horizon et plusieurs grandes entreprises, d’ici et d’ailleurs, liés de près à cette industrie qui génère annuellement environ 1,3 milliard $ pour l’économie de la province.

Des représentants de la coopérative de producteurs de pommes de terre La Patate Lac-Saint-Jean n’ont pas hésité à parcourir plus de 750 kilomètres afin de participer à l’événement.

«Ça nous permet de faire la démonstration de nos différents produits et d’être à l’affut des nouvelles tendances de l’industrie», a expliqué Frédéric Tremblay, de son kiosque de l’entreprise québécoise située à Péribonka, dans la région du lac Saint-Jean.

«Nous tenons kiosque depuis une dizaine d’années pour rencontrer nos clients. Nous avons une bonne clientèle non seulement au Québec, mais ici aussi au Nouveau-Brunswick et sur la Côte Est américaine.»

Une occasion parfaite

Fern Rioux, une figure bien connue de l’industrie de la pomme de terre au Nouveau-Brunswick, n’a rien voulu manquer de cette rencontre annuelle au sommet.

«Les personnes que je rencontre ici sont habituellement plutôt familières et bien sympathiques. Si l’on peut répondre aux besoins des producteurs et à leurs attentes en étant présent, le tour est joué», a affirmé le natif de Saint-André qui est consultant pour l’entreprise multinationale Syngenta.

Stephanie Rioux-Theriault a elle aussi multiplié les discussions au kiosque de l’entreprise qui était stratégiquement situé à l’entrée du hall d’exposition.

«C’est une occasion parfaite que nous avons une fois l’an de rencontrer différents clients et intervenants et d’échanger avec eux. Le déplacement vaut amplement la peine, sinon nous ne serions certainement pas ici», a indiqué la représentante de Syngenta.

Pas moins d’une dizaine de conférenciers ont prononcé des allocutions dans le cadre du congrès organisé par l’organisme Pommes de terre NB.

Le principal discours a été livré par le Dr Laurence C. Smith, un éminent professeur de géographie de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Loin d’aborder des thèmes intimement liés à la pomme de terre, le chercheur californien de l’université de renommée mondiale a plutôt fait la démonstration des changements climatiques qui vont affecter les pays du Nord et des phénomènes de mondialisation et d’urbanisation qui risquent de modifier profondément notre planète.

Plus près de nous et des questions relatives à cet aliment qui se retrouve si souvent sur la table à manger des Néo-Brunswickois, Pascal Dumas a quant à lui fait part des efforts considérables déployés pour élaborer de nouvelles stratégies de gestion des populations de doryphore du Colorado.

«Cet insecte ravageur se développe sur la pomme de terre qui constitue de loin son repas préféré. Il mange le feuillage et tue le plan en fin de compte», a raconté l’étudiant à la maîtrise de la faculté des sciences de l’Université de Moncton.

«Même s’il est fort bien connu des chercheurs depuis longtemps et facilement visible à l’œil nu pour un producteur, on s’intéresse toujours à cet insecte dont les larves peuvent dévorer jusqu’à 40 centimètres carrés de feuillage par jour», explique Pascal Dumas, qui est originaire de Balmoral.