«Le développement touristique d’une région ne se fait pas en un clin d’oeil»

Le développement du tourisme est un travail de longue haleine. À preuve, des stratégies mises en place il y a dix ans commencent tout juste à porter leurs fruits, dit Yannick Mainville, directeur du développement touristique à la Commission de services régionaux de la Péninsule acadienne.

«Le développement touristique d’une région ne se fait pas en un clin d’oeil. La promotion de la Péninsule acadienne dans les marchés du Québec n’est pas le résultat des deux dernières années, mais plutôt le résultat des 5 ou 10 dernières années. On voit cependant que le travail porte ses fruits. L’été dernier, il y a des promoteurs touristiques de la région qui ont augmenté leur clientèle québécoise de 20%», a-t-il expliqué dimanche à l’occasion d’une conférence organisée par la Chambre de commerce de Shippagan portant sur le tourisme et le patrimoine.

Miser sur les expériences et sur la gastronomie

Au cours des prochaines années, la Péninsule acadienne compte miser sur la promotion de la gastronomie locale et des produits du terroir. Une stratégie est en cours de développement. Elle devrait être complètement mise en place à compter de l’été 2020.

«C’est quelque chose qui est de plus en plus recherché par les visiteurs.»

Au cours des deux dernières années seulement, la Péninsule acadienne a vu naître des cafés, des restaurants et des microbrasseries.
L’été dernier, des intervenants du secteur touristique ont également mis sur pied la Route de la bière du nord du Nouveau-Brunswick, elle se déroule d’Edmundston jusqu’à la Péninsule acadienne.

L’objectif d’une telle route est de permettre aux gens de découvrir des produits locaux.

L’Office du tourisme de la Péninsule acadienne veut également continuer de promouvoir les expériences originales dans la région. Des investissements gouvernementaux de 5,5 millions $ visant à développer la Véloroute de la Péninsule acadienne devraient permettre d’attirer des amateurs de vélo.

«Le projet vient rejoindre un segment démographique d’importance pour la région, puisque le Québec et la France, là où une vague de vélotourisme se développe, sont pour nous deux clientèles cibles.»

Promouvoir le tourisme local

On mise également sur la participation de différents groupes locaux.

À Shippagan, par exemple, la municipalité s’organise depuis quelques années pour promouvoir le tourisme local.

Un rapport a été déposé en 2014 et même si la communauté possède des attractions importantes, comme l’Aquarium, le Centre marin du Nouveau-Brunswick ainsi qu’une passerelle et des paysages marins impressionnants, la municipalité veut mettre en place les conditions gagnantes pour encourager la création de nouvelles entreprises dans le domaine.

«Il faut comprendre que la municipalité n’est pas un opérateur touristique, alors on travaille en collaboration avec les acteurs du milieu pour développer le terrain et s’assurer que les conditions sont réunies pour que les opérateurs qui veulent faire affaire dans la municipalité puissent le faire sans forcément se faire mettre des bâtons dans les roues», explique Kassim Doumbia, conseiller à la Ville de Shippagan et porteur du dossier du tourisme à la municipalité.

Cependant, même avec une bonne stratégie en main, elle risque de se heurter à un mur si la communauté n’en est pas partie prenante.
«Nous avons besoin de la communauté pour créer ce dynamisme. La communauté doit être une partie prenante du développement. Elle doit contribuer à faire vivre cette expérience aux touristes. Les opérateurs sont importants, mais ce sont les gens qui mettent en valeur la culture et les attraits.»

«Un secteur qui paie pour les intérêts de la dette provinciale»

De son côté, Robert Gauvin (photo), député de Shippagan-Lamèque-Miscou et ministre du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture, affirme que le secteur du tourisme pourra miser sur son appui.

«C’est juste un exemple, mais le tourisme au Nouveau-Brunswick rapporte au moins 700 millions $ de l’extérieur de la province par année, donc c’est un ministère très important. À lui tout seul, le secteur paie les intérêts qu’on doit verser sur la dette provinciale.»

Robert Gauvin a aussi parlé de l’importance du patrimoine dans la province, particulièrement chez les Acadiens et au sein de sa propre vie. La semaine du patrimoine du Nouveau-Brunswick se déroule du 11 au 18 février.

«Le patrimoine intangible est aussi vivant. Il regroupe le langage, nos expressions bien à nous, nos croyances, nos traditions et les croyances que nous avons réussi à transmettre d’une génération à une autre.»

«Même si ce n’était pas leur métier comme tel, je viens d’une famille d’artistes. Ma mère faisait du théâtre, mon père était politicien, mon grand-père steppait et ma grand-mère était couturière. Il y avait beaucoup d’histoires dans ma vie et ça m’a donné le goût d’en raconter. Il ne faut pas perdre ce patrimoine.»