L’industrie de la construction aura bientôt besoin de milliers de travailleurs au N.-B.

D’ici 2028, 7400 travailleurs de la construction auront pris leur retraite au Nouveau-Brunswick. Il s’agit d’une main-d’oeuvre qu’il faudra remplacer à l’aube de grands projets comme la réfection de la centrale de Mactaquac.

ConstruForce Canada, un organisme national qui représente le secteur de la construction, estime que d’importants efforts de recrutement devront être faits au cours de la prochaine décennie afin de remplacer cette main-d’œuvre qualifiée.

«Nous estimons que l’industrie devra embaucher 6500 travailleurs d’ici à 2028 simplement afin de maintenir la flexibilité de la main-d’oeuvre et répondre à la demande», a expliqué le directeur général de ConstruForce, Bill Ferreira.

Le Nouveau-Brunswick devrait être en mesure de recruter 4500 nouveaux travailleurs au cours des prochaines années. Environ 4700 personnes se sont inscrites à l’un ou l’autre des 15 programmes des métiers de la construction depuis cinq ans. Seulement 2700 d’entre eux ont terminé leur formation.

«La demande est relativement basse actuellement dans la province, mais les choses peuvent changer rapidement. L’industrie doit miser sur les efforts de recrutement pour s’assurer qu’il n’y ait pas de fossé qui se creuse entre la demande et le nombre de travailleurs qualifiés disponibles», a indiqué M. Ferreira

Les peuples autochtones et les femmes sont sous-représentés dans ce secteur au Nouveau-Brunswick. En encourageant les femmes à se diriger vers des métiers traditionnellement masculins, il serait possible, selon ConstruForce, d’atteindre les objectifs de recrutement pour 2028.

«Les femmes représentent seulement 8% de la main-d’œuvre en construction et seulement 2% d’entre elles exercent des métiers sur les chantiers», a-t-il souligné.

Les travaux de remise à neuf de la centrale de Mactaquac, prévus entre 2020 et 2036, devraient contribuer à accroître les besoins en main-d’œuvre au Nouveau-Brunswick, et ce, même si l’industrie observe un certain ralentissement actuellement.

Le secteur de la construction résidentiel tournera au ralenti au cours des prochaines années. Le vieillissement de la population fera cependant en sorte que la demande pour les travaux de rénovation augmentera puisque les gens à la retraite chercheront à rester dans leur maison plus longtemps plutôt que d’acheter du neuf.

«Nous prévoyons que la demande pour les nouvelles maisons sera à la baisse, mais que la demande pour les travaux de rénovations et d’entretien sera en croissance. Certains travailleurs iront donc du secteur des nouvelles constructions vers les rénovations.»

D’après les observations de ConstruForce, l’augmentation des exportations et la croissance du secteur manufacturier stimuleront la construction d’immeubles industriels entre 2019 et 2024. Durant la même période, des projets hospitaliers à Bathurst, à Saint-Jean et à Fredericton devraient maintenir l’activité de construction d’immeubles institutionnels.