Bell s’intéresse à vos données personnelles

Les services gratuits sur le web le sont rarement. Sur les grands médias sociaux, le client paie, non pas en déboursant de l’argent, mais en fournissant son information personnelle. Il doit donc faire preuve de prudence et de vigilance.

On l’a presque tous vécu. On magasine une nouvelle paire de chaussures en ligne et quelques secondes plus tard, on est inondé de publicités de souliers et de bottes de toutes sortes sur les médias sociaux.

Google, Facebook, Twitter et Instagram, pour n’en nommer que quelques-uns, sont des services «gratuits» qui nous permettent de rester connectés avec nos amis et sur le monde. Mais le sont-ils vraiment?

«C’est plus proche du troc que de la gratuité et encore… lorsqu’on fait du troc, on sait ce qu’on donne et ce qu’on obtient», explique le professeur en gestion de l’information de l’Université de Moncton, campus de Shippagan, Tarik Beldjilali.

Les médias sociaux et les géants de l’internet utilisent cette formule du troc depuis des années. Ils ont ouvert la voie aux annonceurs en leur permettant de cibler des profils de consommateurs précis, dans des marchés précis. Les publicités sont personnalisées et plus difficiles à ignorer puisqu’elles répondent directement aux intérêts du client potentiel.

Si les géants comme Facebook et Google peuvent traquer vos activités sur leur plateforme, les fournisseurs de services, comme Rogers et Bell, ont le pouvoir de savoir ce que vous faites en tout temps, peu importe le site web consulté, les chaînes de télévision regardées ou l’appareil utilisé.

Bell l’a compris et offre maintenant un programme volontaire à ses clients pour leur offrir des publicités plus «pertinentes».

«Le principe du marketing personnalisé permet à Bell de cibler ses publicités en fonction du compte du participant et de ses habitudes d’utilisation, un peu comme le font depuis un moment des entreprises comme Google», explique la compagnie dans la description de son programme.

Le géant des télécommunications assure que les données recueillies grâce à ce service ne sont pas relayées aux annonceurs. Il avance que les informations ne servent qu’à diriger «les bonnes publicités aux bons utilisateurs».

«De notre point de vue, il s’agit d’un service positif et entièrement optionnel. L’information utilisée est sécurisée et n’est jamais partagée à l’extérieur de l’entreprise», a précisé un porte-parole de Bell à La Presse canadienne.

Il y a néanmoins un risque. Des fuites d’information sont possibles, surtout lorsqu’elles sont enregistrées dans un serveur centralisé.

«Recueillir de l’information est une chose, s’assurer qu’elle est gardée en toute sécurité en est une autre. Les pirates sont à l’affût de toute occasion qui peut leur permettre de faire du profit. Mettre la main sur les données recueillies (en ligne sur les utilisateurs) n’échappe pas à la règle», a expliqué M. Beldjilali.

Le professeur espère que Bell sera transparent quant à l’utilisation de l’information et que l’entreprise respectera les meilleures pratiques en matière de sécurité informatique.

Des options

Entre temps, les internautes qui ne veulent pas voir leur information captée et utilisée par les géants du web ont plusieurs options.

Ils peuvent, entre autres, éviter d’utiliser les services d’authentification unique comme, ceux de Facebook, qui permettent à un internaute de se connecter à un autre site en utilisant son compte du réseau social.

Ils peuvent aussi désactiver les fameux «cookies».

«Même si depuis quelques années, des avertissements sont émis pour nous demander si l’on accepte d’utiliser des témoins (cookies) pour poursuivre, la plupart d’entre nous sommes pressés d’accéder à un site en particulier et on ferme le pop-up sans chercher à en savoir plus sur la politique de confidentialité et/ou d’utilisation des témoins (cookies) que le site en question affiche fièrement», a souligné le professeur.

Finalement, mieux vaut rester informé des enjeux liés à internet pour se protéger de potentielles failles de sécurité.

– Avec des extraits de La Presse canadienne