Zenabis augmente la cadence: 400 employés à son usine d’Atholville d’ici l’été

Afin de faire face à la demande, la compagnie Zenabis passe à la vitesse supérieure. Le producteur de cannabis installé au Restigouche entend plus que doubler le nombre de ses travailleurs, d’ici la fin juin, à son usine d’Atholville.

Bon an mal an, cela fait maintenant cinq ans que Zenabis est associé au Restigouche.

C’est à la fin janvier 2014 – bien avant la légalisation du cannabis à des fins récréatives – que la venue possible d’une telle usine dans la région a été évoquée pour la première fois.

À l’époque, on parlait de cultiver de la marijuana à des fins médicinales et de créer environ 200 emplois pour les premières phases du projet et jusqu’à 600 par la suite, selon la demande. Cinq ans plus tard, l’entreprise aura confondu les sceptiques. L’usine est devenue réalité, elle emploie quelque 180 personnes et prévoit faire grimper ce nombre à 400 d’ici l’été. Un chiffre atteint plus tôt que prévu.

«Nous pensions initialement atteindre ce plateau dans quelques années, mais la demande est telle, que l’on est forcé d’agir dès maintenant», explique le PDG de l’entreprise, Andrew Grieve.

Selon ce dernier, les choses se bousculent en effet à une vitesse folle chez Zenabis depuis la légalisation du cannabis à des fins récréatives, si bien que l’entreprise n’a d’autres choix aujourd’hui que d’accélérer la mise en œuvre de ses plans de développements.

«Avec la demande et le nombre croissant de nos partenariats en succursales et en ligne, nous avons conclu qu’il était approprié d’accroître notre vitesse de croisière, d’accélérer la construction de nos nouvelles phases à l’ensemble de nos usines, y compris celle d’Atholville», indique-t-il.

De nouvelles salles de culture doivent donc ouvrir à l’intérieur de l’usine restigouchoise. D’ici les six prochaines semaines, le nombre d’employés augmentera ainsi à 260.

«Depuis notre ouverture, nous sommes continuellement en construction. On ajoute des pièces sur une base régulière. À titre d’exemple, nous venons d’ajouter une quinzaine de salles de culture il y a quelques semaines à peine et d’autres salles ont été approuvées», souligne M. Grieve.

Un «beau» problème

Le problème toutefois, c’est que cette croissance se produit dans une région où le manque de main-d’œuvre est particulièrement criant.

ous les secteurs d’activité ou presque – santé, construction, tourisme, restauration, vente au détail, etc. – sont à la recherche d’employés.

Selon Laura DiFelice, responsable des ressources humaines chez Zenabis, le recrutement constitue un défi, mais il ne représente pas un obstacle insurmontable.

«Je ne crois pas que nous aurons des problèmes majeurs de ce côté. Nous sommes chanceux, car il y a beaucoup d’intérêt de la part de la population envers notre entreprise, beaucoup de gens veulent venir travailler ici. Cela étant dit, il est vrai qu’on recherche tout de même beaucoup d’employés en peu de temps. Nous devrons donc être proactifs dans nos recherches au Restigouche, mais également dans les régions voisines (comme la Gaspésie et la région Chaleur), question d’attirer les meilleurs candidats possible», dit-elle.

«C’est vraiment un beau problème, je crois, pour la communauté. On aime savoir que nous avons un impact positif sur la communauté et que notre présence aide l’économie locale ainsi que la création d’emplois», ajoute pour sa part M. Grieve.

En terme d’employés, la compagnie recherche un peu de tout. Certes il y a ceux qui ont des connaissances en horticulture, mais il est également question de personnel pour la production, la transformation, la manufacture et l’emballage du produit.

Un pas de géant

En franchissant le nombre des 400 emplois, Zenabis est en voie de devenir – avec d’autres géants comme l’usine de pâtes AV Cell et le Groupe Savoie – l’un des principaux employeurs du secteur privé au Restigouche. On se rapproche également très près du nombre d’emplois perdus à Dalhousie, avec le départ de la papetière AbitibiBowater.

«On rattrape tranquillement ce qui a été perdu dans la région et ça fait du bien de voir ça. On espérait que cette entreprise connaisse du succès, mais on ne s’attendait pas à ce que ça se produise si rapidement et avec autant d’ampleur. C’est une très bonne nouvelle», exprime le maire d’Atholville, Michel Soucy, notant que cette croissance fulgurante de Zenabis, on ne l’a pas vu venir au niveau municipal.

«Je crois que tout le Restigouche – et non seulement Atholville – commence à ressentir les effets bénéfiques de la présence de Zenabis sur le territoire. Maintenant, le défi sera pour eux de poursuivre sur cette lancée et à ce rythme. À nous de répondre à cette croissance, car on parle de beaucoup d’employés, donc de nouveaux logements et de services. Mais c’est un beau défi et j’aime beaucoup mieux être dans ce mode que celui de fermetures», avoue le maire.