Un homme de Moncton plaide coupable du meurtre de sa fiancée

Accusé du meurtre au second degré de Naomi Bartlette, Rejean Yves Gautreau a reconnu les faits mardi matin au palais de justice de Moncton.

Le corps de Naomi Bartlette, âgée 33 ans, a été retrouvé dans une résidence de la rue Fleet le 8 avril 2018. Son conjoint a été arrêté le même jour.

L’homme âgé de 39 ans était attendu en cour du Banc de la Reine mardi à Moncton pour présenter son plaidoyer.

Lors de l’audience, la procureure de la Couronne, Angéla Poirier LeBlanc, a présenté les éléments essentiels de l’affaire.

Le 6 avril en après-midi, une dispute a éclaté au sujet de la consommation de drogues et du projet de Naomi de déménager plus tôt que prévu en Colombie-Britannique, où réside sa famille d’adoption.

Rejean Gautreau s’est alors servi d’un pied de table pour frapper à la tête sa compagne, qui s’est effondrée sur le sol.

«À ce moment-là, il s’est jeté sur elle et a commencé à l’étrangler. Il a continué à l’étrangler et à la frapper à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’elle ne bouge plus», a déclaré la procureure.

Rejean Gautreau a ensuite caché le corps de la victime dans le placard d’une des chambres.

À la lecture des faits, plusieurs proches de Naomi Bartlette présents dans la salle ont éclaté en sanglots.

Menotté, debout dans le box des accusés, l’homme a reconnu les faits et confirmé qu’il comprenait les conséquences de sa déclaration. Le Code criminel prescrit une peine de prison allant de 10 à 25 ans pour le meurtre au second degré (non prémédité).

Rejean Gautreau et Naomi Bartlette étaient fiancés et vivaient ensemble depuis un an. Naomi Bartlette était mère de deux jeunes garçons. Elle avait pour projet de retourner vivre en Colombie-Britannique pour suivre une formation dans le domaine paramédical.

Un procès devant juge et jury était initialement prévu pour 2020 jusqu’à ce que l’accusé choisisse de plaider coupable.

Rejean Gautreau restera détenu jusqu’au jour du verdict, le 7 mai. Une déclaration des victimes sera présentée lors de l’audience.

À la demande de la défense, le juge Jean-Paul Ouellette a accepté de lever l’interdiction imposée au détenu d’entrer en contact avec son soeur et son beau-frère, avec il partageait le domicile où le meurtre a été commis.

Rejean Yves Gautreau devra également subir un procès du 26 novembre au 9 décembre en lien avec d’autres accusations. Il est accusé d’avoir tué le chien de Naomi Barlette et d’avoir volé deux magasins Subway et un dépanneur Needs entre le 16 février et le 3 avril.

«Naomi était un rayon de soleil»

Sasha Tardif, qui se présente comme la soeur adoptive de la victime, a exprimé son soulagement à la sortie du tribunal.

«J’étais heureuse de savoir qu’il n’ait pas essayé de se convaincre qu’il n’était pas coupable, qu’il n’a rien caché et qu’il a été honnête avec lui même. Ça rend les choses plus faciles pour tout le monde. Devoir subir un procès aurait été une expérience traumatisante», confie-t-elle.

Ce dénouement aidera les proches de Naomi à faire leur deuil et dépasser le choc causé par sa disparition, ajoute Sasha Tardif.

Originaire de la Colombie-Britannique, la jeune femme a connu une enfance difficile mais toujours gardé la tête haute.

«Naomi était une femme brillante qui aimait les gens et défendait toujours les siens. Elle était courageuse, heureuse, elle ne laissait personne l’atteindre. Naomi était un rayon de soleil.»