Le service d’incendie de Moncton adopte les caméras corporelles

Le service d’incendie de Moncton équipe désormais chacun de ses inspecteurs d’une caméra individuelle, avec l’espoir de garantir leur sécurité sur le terrain et de mieux documenter leurs enquêtes.

Les trois officiers de la division des enquêtes et de la prévention des incendies ainsi que le chef de division disposent depuis quelques jours de ce nouvel équipement. Une petite caméra, à peine plus grosse qu’un téléphone cellulaire, se fixe à leur uniforme lors des inspections de propriétés. L’appareil s’éteint et s’allume manuellement.

L’intérêt de ce dispositif est de permettre aux enquêteurs de procéder à des enregistrements vidéo de leur intervention. Il sert avant tout à les protéger pendant qu’ils effectuent leur mission, mentionne le nouveau chef pompier Conrad Landry.

Il arrive que ces agents subissent «des échanges verbaux ou même physiques» avec le public, explique-t-il.

«Lorsqu’ils font leurs inspections, ils interagissent avec des gens qui sont plus ou moins coopératifs, parce qu’on n’a pas toujours le temps de prendre rendez-vous ou que la visite peut parfois mener à la fermeture du bâtiment, s’il n’est pas sécuritaire.»

Les enquêteurs espèrent qu’en filmant la scène, ils limiteront le risque d’escalade.

«On va annoncer à la personne qu’elle est en train de se faire filmer. Ça peut calmer la situation et l’interlocuteur va se mettre à surveiller ce qu’il dit et ce qu’il fait», souligne Conrad Landry.

À leur retour à la caserne, le matériel est téléversé automatiquement sur un serveur géré par une entreprise spécialisée.Ce

s enregistrements vidéo permettront aux enquêteurs de mieux analyser la dangerosité d’un site. Ils pourront aussi devenir des éléments de preuves tangibles lors d’un procès, dans le cas d’un incendie criminel par exemple.

Il a fallu plusieurs mois au service d’incendie pour établir une politique d’utilisation de ces appareils qui respecte les lois fédérales et provinciales. Les images peuvent être visionnées uniquement par les enquêteurs. Elles seront stockées 5 à 7 ans et ne pourront être supprimées ou altérées par les pompiers.

«On doit aussi indiquer systématiquement aux personnes qu’elles sont filmées», indique M. Landry.

Un des agents a testé la caméra pendant une année avant que le matériel ne soit distribué à l’ensemble de l’équipe.
Avant le service d’incendie de Moncton, seule la Force de police de Fredericton s’est équipée d’une telle technologie au Nouveau-Brunswick.