CCNB: «Le lien de confiance entre les employés et la haute direction est rompu»

Tout n’est pas perdu, mais le CCNB a du pain sur la planche pour assainir son climat organisationnel. C’est le portrait dressé dans un rapport d’analyse externe dévoilé jeudi, un an après l’éclatement d’une crise majeure au sein de l’institution.

Le rapport en question a été pondu par Analys Psychologie Organisationnelle, qui a mené un sondage auprès de l’ensemble des employés du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick.

Cette firme québécoise avait été appelée en renfort l’année dernière lorsque six hauts dirigeants avaient lancé l’alerte quant à ce qu’ils avaient qualifié de «climat de méfiance, d’abus de pouvoir et/ou d’intimidation» quant à la conduite de la PDG, Liane Roy.

Dans le document de 33 pages – présenté aux membres du personnel jeudi après-midi et dont l’Acadie Nouvelle a obtenu copie – on retrouve une analyse détaillée du fonctionnement du CCNB qui met en lumière le fait que la plupart des membres du personnel croient qu’il existe des «points de tension».

Le document recense bon nombre d’éléments positifs, bien qu’il y ait toutefois de nombreux «mais».

Par exemple, «les gens ont l’impression d’avoir la chance de partager leur opinion», mais «plusieurs ont l’impression que celle-ci n’est pas prise en compte à l’extérieur de leur équipe, particulièrement dans la prise de décisions pouvant les concerne».

Le rapport identifie des causes sous-jacentes au climat organisationnel, telles que «l’absence d’un plan maître de gestion du changement partagé et géré avec la direction et le personnel».

On peut également lire que «le lien de confiance entre les employés et la haute direction est rompu» et que les conditions sont réunies pour «encourager la division des gens et la compétition plutôt que la collaboration et l’interdépendance.»

05_CCNB - Rapport d'analyse et de recommandations - Phase II

Série de recommandations

La firme Analys émet une série de recommandations afin de mettre en place et de maintenir un climat organisationnel positif.

Elle estime qu’au cours des prochaines semaines, le CCNB doit reconnaître le climat actuel et s’engager formellement à le rectifier. Il doit aussi présenter formellement le diagnostic aux employés (ce qui a été fait jeudi).

De plus, elle recommande à l’institution d’«offrir un soutien psychologique aux employés fragilisés», puisque certains d’entre eux sont «en situation de pression intense ou sont en situation de détresse».

D’autres mesures devront aussi être mises en oeuvre pour assurer une transformation réussie, lit-on dans le rapport.

Par exemple, la très haute direction doit – du moins selon cette firme – changer de «style de leadership» et adopter un «transformationnel», plus motivant pour le personnel.

La présidente du Conseil des gouverneurs du CCNB, Rachel Maillet Bard, a commenté le rapport par voie de communiqué, jeudi soir. Elle l’accueille avec satisfaction.

«Le sondage a été une démarche très constructive et nous permet maintenant d’avoir un éclairage sur le climat organisationnel au CCNB. Nous avons des pistes claires et des recommandations qui nous permettront d’aller de l’avant», dit-elle.

Le comité de mise en oeuvre des rapports d’analyse externe doit se rencontrer «très prochainement» pour établir un plan d’action avec la collaboration de l’équipe de direction et le Conseil des gouverneurs.