Tracadie: des citoyens des quartiers ruraux veulent leur part

Alors que la Municipalité régionale de Tracadie souligne en 2019 ses cinq années d’existence, des élus et des citoyens des anciens DSL estiment qu’il faut en faire davantage pour créer un sentiment d’appartenance dans les quartiers ruraux.

Lundi soir, le conseiller Yolan Thomas a suggéré que le conseil accorde 36 000$ à quelques organismes de sports et loisirs, dont plusieurs sont actifs dans les anciens DSL, qui passent parfois inaperçus.

Son intervention a eu lieu après qu’environ 202 000$ en dons aient été octroyés à l’Académie Sainte-Famille, l’Accueil Sainte-Famille, le Musée historique de Tracadie, la Société culturelle des Tracadilles, la Fondation Les Amis de l’Hôpital de Tracadie et la chambre de commerce du Grand Tracadie.

«C’est sûr que la Société culturelle et tous les autres organismes sont très importants, mais je pense qu’il serait équitable qu’on donne un montant équivalent à d’autres associations qui ont de la misère.»

Plusieurs, dont M. Thomas, espèrent que la municipalité sera en mesure de financer certains projets communautaires dans les anciens DSL avec des revenus provenant du Fonds de la taxe sur l’essence, une subvention fédérale. Tracadie a des réserves d’environ 3 millions $ provenant du fonds.

La possibilité de toucher à des revenus supplémentaires provenant du Fonds de la taxe sur l’essence avait été utilisée comme un argument de vente dans les DSL par les promoteurs du regroupement de 2014.

L’argent ne peut cependant pas être utilisé n’importe comment. Les projets doivent être approuvés par le gouvernement fédéral et répondre à des critères très précis. Il y a quelques années, on prévoyait de réparer des chemins privés, mais au bout du compte, il s’est avéré que ces projets ne répondaient plus aux critères du fédéral. La municipalité a récemment appris que dans certains cas, les projets de réparation d’infrastructures sportives et de loisirs peuvent recevoir de l’argent du fonds.

«On sait maintenant qu’on a le droit d’utiliser certains fonds pour des projets d’infrastructures pour le sport et les loisirs. Ça fait longtemps que les gens dans les quartiers posent la question. C’est certain qu’on va travailler fort pour qu’eux aussi profitent du regroupement et aient un sentiment d’appartenance à la ville», dit Yolan Thomas, qui représente les secteurs de Gauvreau, Petit-Tracadie et Pont-Landry.

Bien que plusieurs membres du conseil étaient en faveur de la proposition du conseiller Thomas, l’affaire a été reportée à une date ultérieure pour que les élus puissent étudier la question en profondeur.

Déception à Haut-Rivière-du-Portage

Édith Brideau, secrétaire du conseil récréatif de Haut-Rivière-du-Portage, espère que la municipalité débloquera des fonds pour soutenir les activités de cet organisme qui entretien une piste asphaltée pour la marche, une patinoire extérieure et un parc pour enfants. L’endroit est fréquenté par quelque 200 personnes.

Mme Brideau a pris la parole lundi soir lors de la réunion du conseil pour déplorer la situation.

«On a un fonds de roulement, mais il faut toujours organiser des activités pour payer nos dépenses. Avec le regroupement, il était censé avoir un montant d’argent pour les quartiers avec le Fonds de la taxe sur l’essence. On ne peut pas en avoir. Ça fait des années que je me bas avec ça. On a autant le droit d’avoir des fonds que d’autres organismes.»

L’an dernier, pour souligner le 10e anniversaire du conseil récréatif, l’organisme a fait une demande de financement à la municipalité.

«Notre demande a été refusée.»

Mme Brideau espère éventuellement pouvoir profiter d’une certaine aide financière de la municipalité.

«Par exemple, on a des projets étudiants, mais il faut les gérer. Il faut faire les demandes à partir de janvier, remplir les formulaires, etc. Nous sommes que des bénévoles.»

Trouver un terrain d’entente

Le maire Denis Losier espère trouver un terrain d’entente qui convient à tous.

«Les gens des quartiers savent qu’ils ont besoin des services de la Ville, comme l’hôpital et les magasins, mais ils voudraient qu’on puisse au moins leur accorder l’aide dont ils ont besoin pour améliorer des infrastructures communautaires.»

La tâche est toutefois loin d’être facile. Le territoire de la municipalité est vaste et compte quelque 500 kilomètres de routes.

«Nous avons beaucoup d’infrastructures à entretenir et le budget n’est pas nécessairement au rendez-vous pour réaliser l’ensemble de nos rêves. Mais les gens ont des attentes. On leur a promis beaucoup de choses avant le vote et les gens se rendent compte qu’il y a des lacunes après cinq ans.»

Le maire promet que le conseil agira bientôt pour aborder les préoccupations de la population.

«Il y a une procédure à suivre. Des demandes doivent être faites et les projets doivent être approuvés par le fédéral, mais plus tôt on lance les démarches, plus tôt on aura la réponse et l’argent. On voudrait que des travaux puissent avoir lieu cet été.»