Les travailleurs sociaux croulent sous la paperasserie

Fredericton est déterminé à réduire le fardeau administratif de ses travailleurs sociaux pour leur permettre de passer plus de temps sur le terrain.

L’emploi du temps des travailleurs sociaux des services de protection de l’enfance est sous la loupe ces jours-ci au sein du ministère du Développement social après la publication récente de deux rapports accablants.

Les travailleurs sociaux semblent devoir passer beaucoup de temps à remplir des rapports, ce qui les empêche de s’occuper adéquatement des enfants vulnérables dont ils ont la responsabilité, résume le député David Coon.

Le chef du Parti vert a dénoncé la situation lors du passage des hauts fonctionnaires du ministère du Développement social, mercredi, devant un comité de l’Assemblée législative.

«Votre affirmation selon laquelle ils passent trop de temps sur des tâches administratives (…) le ministère est d’accord. Nous devons ajuster ça, mais nous ne l’avons pas fait encore», a répondu le sous-ministre Éric Beaulieu à l’une des questions de M. Coon.

M. Beaulieu a expliqué que le ministère était en train d’étudier chacune des tâches administratives des travailleurs sociaux en vue de changer leurs façons de faire et de modifier les rôles au sein de la protection de l’enfance.

«C’est l’objectif du ministère et le mien d’assurer que les travailleurs sociaux passent le maximum de leur temps pour faire ce pour quoi nous les avons embauchés et ça c’est la protection des enfants et pas de remplir de la paperasserie.»

Le recours aux tribunaux pour retirer la garde d’un enfant à des parents négligents demande notamment un temps fou et énormément de travail administratif, selon le sous-ministre.

Fredericton pourrait notamment décider d’embaucher davantage d’employés au sein du ministère afin de s’acquitter d’une partie de la paperasserie et alléger le fardeau des travailleurs sociaux, à laisser entendre M. Beaulieu.

«Ça pourrait nécessiter une augmentation du personnel administratif au sein du ministère. Nous ne sommes pas encore rendus là, mais nous étions cette possibilité et nous pensons être en mesure de prendre une décision très bientôt.»

Depuis le début de l’année, deux rapports sur la protection de l’enfance au Nouveau-Brunswick ont mis en lumière l’immense charge de travail des travailleurs sociaux du ministère.

Selon l’expert indépendant George Savoury, le ministère «a connu une diminution du personnel de soutien essentiel» au cours des dernières années alors que la demande de la part des enfants et de leurs familles «excède les ressources disponibles».

Le défenseur des enfants, des jeunes et des aînés, Norman Bossé, a constaté quant à lui dans un autre rapport que les travailleurs sociaux qui se sont succédé dans un dossier de négligence extrême concernant cinq enfants étaient dans «l’incapacité (…) de répondre aux exigences minimales» du ministère du Développement social en raison notamment de leur surcharge de travail.

Le député David Coon espère que le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs prévoira suffisamment de fonds dans son budget du 19 mars pour changer la situation.

«C’est certain que le premier ministre va demander aux ministères de couper dans leurs budgets. Ce ministère a grand besoin d’une augmentation de son budget avec un enjeu comme celui du fardeau administratif des travailleurs sociaux», a déclaré M. Coon.

La ministre du Développement social, Dorothy Shephard, a indiqué le mois dernier qu’elle avait l’intention de «se battre» pour que son ministère obtienne les ressources dont il a besoin.

«Je n’arrive pas à imaginer comment le ministère pourrait perdre du financement sans que les services en souffrent.»

«Je vais discuter avec le ministre des Finances, Ernie Steeves, au sujet des ressources dont nous allons avoir besoin et comment nous allons y arriver», avait-elle dit en réaction à la publication du rapport du défenseur des enfants.