Des pêcheurs français vont visiter le port de Caraquet

Une délégation de Marennes, située dans le sud-ouest de la France, sera en Acadie en juin afin de visiter les installations du port de Caraquet, sa ville jumelle. Les deux municipalités entendent en profiter pour développer davantage leurs liens économiques et culturels.

Le maire de Marennes, Mickaël Vallet, a indiqué qu’un groupe composé d’un élu local, de membres de l’administration municipale et de pêcheurs de la région, se rendra à Caraquet à la mi-juin.

Pour M. Vallet, toutes les occasions sont bonnes pour resserrer les liens entre les deux villes.

«Le port de La Cotinière de Marennes est le plus important pour la production d’huître en France, en plus d’être le sixième plus grand port de l’Hexagone», dit-il en parlant de l’industrie ostréicole de la région, un secteur qu’elle a en commun avec Caraquet, qui produit des huîtres de renommée mondiale.

Hormis les huîtres, qu’est-ce qui explique l’intérêt particulier de Marennes pour la capitale autoproclamée de l’Acadie?

«Samuel de Champlain (un des premiers explorateurs européens de l’Acadie) est né à Hiers-Brouage, une commune qui a depuis fusionné avec la ville de Marennes. On possède donc ce petit lien historique avec l’Acadie et aussi le Québec. Nous avons aussi une population équivalente à celle de Caraquet, soit environ 6000 habitants», mentionne-t-il.

Marennes est aussi jumelée à l’île d’Orléans, près de Québec.

Depuis les années 1970, plusieurs délégations culturelles, commerciales et administratives ont fait le voyage au Nouveau-Brunswick et autants d’élus et intervenants de Caraquet ont fait le chemin contraire.

Depuis son élection, en 2008, M. Vallet a voulu accentuer les échanges avec les partenaires francophones à l’extérieur de la France.

Il s’est ainsi rendu pour une première fois dans la Péninsule acadienne lors du 4e Congrès mondial acadien, en 2009.

«La ville de Caraquet possède une culture unique en son genre et j’ai été assommé par le fabuleux accueil que j’ai reçu», enchérit-il.

Offre d’emploi

À l’été 2018, à l’invitation de Marennes, Caraquet a proposé aux jeunes de la municipalité de postuler pour un emploi d’été à Marennes. Malheureusement, le poste n’a pas été pourvu.

«Je crois que les jeunes recherchaient une certaine sécurité d’emploi, ce qui n’était pas le cas avec cet emploi d’été», explique l’agente de patrimoine à la ville de Caraquet, Aline Landry.

Mais Caraquet a décidé de revenir à la charge avec une autre offre d’emploi, cette fois ouverte à tous et à toutes. Le candidat choisi travaillera au Port de la Cotinière, à Marennes, comme agent de manutention portuaire durant l’été, sur un horaire de 39 heures/semaine.

Selon l’offre d’emploi, les candidats devront être «polyvalents» dans leurs tâches en plus de travailler en «étroite coordination avec la direction».

«Cette fois, on veut donner la chance à n’importe qui de vivre une expérience portuaire en France. Le poste est ouvert à tout le monde, pas seulement aux étudiants.»

Pour le maire de Marennes, l’échange d’étudiants et de travailleurs est important pour le partage de techniques et de connaissances.

«C’est pourquoi nous avons ouvert un poste au Port de la Cotinière pour quelqu’un de Caraquet.»

Il aimerait d’ailleurs qu’un jeune de sa région se rende éventuellement travailler au port de Caraquet.

Une longue relation

La relation qui unit les deux villes maritimes séparées par l’océan Atlantique ne date pas d’hier. En fait, elle remonte bien avant les années 1970.

«J’ai retrouvé un journal municipal datant de 1959 qui parlait des échanges entre Caraquet et Marennes», raconte l’agente de patrimoine à la ville de Caraquet, Aline Landry.

Après le premier périple du maire de Marennes en terre acadienne, en 2009, les élus de Caraquet ont décidé de lui rendre la pareille. Ils s’y sont rendus une première fois en 2010 afin d’établir les bases d’une relation économique, puis une seconde fois en avril 2015 avec le maire Kevin Haché.

M. Haché avait d’ailleurs été invité en territoire français pour assister aux premières Rencontres francophones. Celles-ci sont dédiées au développement local et aux échanges entre les communautés francophones à travers le monde.

Les deux municipalités se sont également visitées en 2017.

«Le voyage de septembre 2017 était surtout été axé sur les échanges culturels. La troupe de théâtre de Marennes est d’ailleurs venue offrir quatre représentations au Théâtre populaire d’Acadie», explique Mme Landry.

Puis, un volet supplémentaire a été exploré l’automne dernier. Des étudiants de l’École des pêches de Caraquet ont visité le port de la Cotinière lors d’un voyage axé sur l’industrie des pêches.